‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 34 sur 152 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. « J'espère », écrivait Pestalozzi a Falienberg le 15 novembre 1793, « qu'après avoir fait assez de saerifices je pourrai

qu'il alla voir lui-même à Stuttgart, en février 1817, un traité des plus avantageux pour l'édition des œuvres complètes de Pestalozzi.

Les mesures prises, par Schmid à Tégard du personnel, qui pouvaient être bonnes au point de vue économique, eurent naturellement pour eflet de soulever de nouvelles rancunes, et de créer par conséquent de nouveaux embarras à Pestalozzi. Une épreuve encore plus cruelle Tattendait : le 12 décembre 1815, sa femme mourut à Tâge de soixante-seize ans, après quelques jours de maladie. Dès lors, entièrement seul, Pestalozzi se jeta tout à fait dans les bras de Schmid, qu'il considérait comme son sauveur, et qui avait su le dominer complètement, au détriment de Niederer, avec qui d'ailleurs Pestalozzi était souvent en désaccord.

La tyr^uinie de Schmid occasionna de nouveaux conflits parmi le personnel, à la suite desquels tous les maîtres, sauf Niederer et Kriisi, quittèrent l'établissement dans le courant de Tété 1816. Cette désorganisation porta un coup terrible à l'institut, qui comptait alors une centaine d'élèves (dont vingt-quatre amenés de France par JuUien, et beaucoup^de jeunes Anglais), et se trouvait ainsi tout d'un coup presque sans maîtres, en un moment où sa situation commençait à redevenir prospère.

La mésintelligence entre Niederer et Schmid ne fit que s'accroître, si bien qu'à la suite d'incidents très pénibles, Niederer fit part à Pestalozzi, le 22 janvier 1817, de sa résolution de quitter l'établissement. Malgré les supplications de ce dernier, rien ne put le faire revenir sur cette résolution, et tout ce que Pestalozzi put obtenir, ce fut qu'il assurerait l'instruction religieuse des élèves se préparant à la communion, qui devait avoir lieu à la Pentecôte. Puis Niederer annonça au public que, pour ne pas laisser périr l'idée pcstalozzîenne, il s'était associé

cependant, dans an certain nombre d'années, faire une petite fortune par la publication de mes œuvres, revues avec le plus de soin possible. Je compte d'autant plus sur Taide active de mes amis en vue d'une souscription. »

PiMLOCHE. — Pestalozzi. 4

avec Kriisi et Tinsliluteur zurichois Conrad Nàf, qui avait ouvert depuis quelques années un institut de sourdsmuets à Yverdon, et que leurs établissements « représentaient la vraie tradition pédagogique ». *

Le départ de Niederer ne suffît pas à mettre fin aux hostilités. Une nouvelle contestation s^éleva entre Pestalozzi et M^o Niederer au sujet du règlement de compte relatif à l'institut déjeunes filles, qu'il lui avait cédé. La surexcitation que causa à Pestalozzi cette affaire, coïncidant avec une nouvelle révolte des maîtres de Tinstilut, qui réclamaient, sous peine de refus de service, une augmentation de traitement et le droit « de boire le café après dîner avec Pestalozzi * » , ébranla soiTcerveau à tel point que Schmid, craignant pour sa raison, dut l'emmener sur les hauteurs du Jura, dans un petit village appelé les Bullets. L'air vif des montagnes calma prompteraent ses nerfs, tout en le laissant, dit-il lui-même, dans un certain « état de faiblesse d'esprit ou plutôt d'absence d'esprit, joint à un très haut degré d'angoisse et de découragement )). II passa ainsi quelques semaines, et se sentit « comme délivré » et si heureux, qu'il ne voulait plus revenir dans sa maison, qui lui paraissait comme « un enfer dont il s'était heureusement échappé * ».

Jullien, qui avait encore deux fils à l'institut, et se préoccupait beaucoup de la situation de plus en plus malheureuse de Pestalozzi, crut trouver un moyen de l'en tirer en l'engageant à céder la direction de son établissement à Fellenberg, avec qui il avait renoué des relations amicales, et qui acceptait très volontiers cette combinaison. Pestalozzi se rendit à Hofwyl, et eut la faiblesse de signer, le 14 octobre 1817, un traité qui paraissait avantageux, parce qu'il le débarrassait d'abord de tout souci financier et lui donnait en outre l'espoir

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