‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 35 sur 152 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

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de pouvoir enfin réaliser le rêve de sa jeunesse, c'està-dire la création d'un établissement de pauvres, à laquelle devait être affecté entièrement le produit de la souscription à ses œuvres : mais, en échange de ces avantages, il aliénait toute son indépendance, et bien qu'on eût habilement fait droit à son désir de ne pas se séparer de Schmid, en réalité Tinfluence de celui-ci se trouvait annihilée. On coirçoit Tirritation de Schmid, qui fit tout ce qu'il put pour faire rompre le traité et y réassît. Jullien en conçut un vif chagrin et retira de' l'institut ses deux fils, dont le départ entraîna celui des autres élèves français.

Bien qu'on puisse admettre que Schmid n'ait pas été absolument désintéressé dans cette affaire, il faut bien reconnaître qu'il défendait aussi les intérêts de Pestalozzi mieux que celui-ci ne l'eût su faire. Il réussit en effet à lui faire comprendre qu'il était bien plus essentiel pour lui désormais « de travailler à répandre, à défendre et à établir plus solidement ses idées sur Véducation élé^ mentaire qu'à en appliquer les procédés non encore mûrs dans un établissement de pauvres * ». C'était déjà dans ce but qu'il avait négocié pour lui le traité avec Cotta, et qu'il s'était adressé aux cours étrangères pour les intéresser à la publication des œuvres de Pestalozzi. Le succès de la souscription, organisée par ses soins, vint encore lui donner raison. Parmi les souscripteurs se trouvaient : l'empereur de Russie pour 5000 roubles, le roi de Prusse pour 400 thalers, et le roi de Bavière pour 700 florins. Dès la fin de l'année, le chiffre des souscriptions s'élevait à la somme de 100 000 francs, dont la moitié, conformément au traité, revenait à Pestalozzi. Aussitôt celui-ci, dans sa joie, n'eut pas d'autre pensée que d'affecter cette somme de 50 000 francs a à l'éducation du peuple et des pauvres », c'est-à-dire à la création d'un orphelinat qu'il rêvait depuis si longtemps, et déclara solennellement son intention dans un discours

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