Von der Erziehung
DÉFINITION DE L*ÉDucATiON. — L'éducation n'est pour ainsi dire que le travail qui consiste à limer chaque anneau de la grande chaîne qui relie l'humanité et en fait un tout, et les erreurs de Téducation proviennent de ce qu'on prend chaque anneau séparément pour le travailler en particulier comme s'il était seul et n'appartenait pas à la grande chaîne, comme s'il devait sa force et son utilité à l'or ou même aux pierres précieuses dont on l'a recouvert, et non à la solidité avec laquelle il est attaché aux anneaux voisins, et au soin avec lequel il a été travaillé et rendu assez souple pour suivre chaque jour les mouvements de toute la chaîne dans toutes ses ondulations ^
Principe fondamental de l'éducation. — Pour
devenir ce qu'il doit être, l'homme doât être et faire
étant enfant ce qui le rend heureux comme enfant. If
doit, étant enfant, être fout ce quil peut étrCy mais pas
davantage, sous peine de compromettre ce qu'il deviendra
en tant qu'homme dans sa situation et sa condition. Telle
est la première loi fondamentale d'une bonne éducation.
Avantages de l'éducation d'autrefois. — Voilà pourquoi Pestalozzi admire l'éducation d'autrefois. Le grand secret de l'éducation, pour nos pères, consistait, dans toutes les situations, à tirer parti de leurs enfants, le plus vite possible, pour les travaux de la maison. Ce but qu'ils poursuivaient leur faisait trouver les points de vue essentiels de la vraie éducation de l'homme bien plus aisément que nos théories nouvelles.
Quand on examine les résultats produits par cette ancienne éducation chez quelques sujets qu'on trouve encore, et qui, par leur vie, par la manière dont ils dirigent leurs affaires, par la sagesse de leur conduite dans leur position et leur profession, montrent qu'ils ont reçu une bonne éducation, on constate presque toujours que ce n'est ni aux études faites à l'université, ni