INTRODUCTION VII
la Jtentative de Rochow, soutenue d'abord par le gouvernement de Frédéric II, mais suspecte au clergé, et dont le gouvernement réactionnaire de Frédéric-Guillaume II se garda bien de poursuivre l'expérience, n'avait eu d'autre résultat que d'attirer une fois de plus l'attention des hommes d Etat prussiens sur la nécessité d'organiser l'instruction populaire en dehors de toute Église, et de leur en démontrer la possibilité.
A part ces exceptions tout à fait isolées, les enfants du peuple n'allaient guère à l'école que pour y apprendre imparfaitement ^ lire et à écrire et, dans les pays protestants, pour épeler et réciter le catéchisme en vue de la confirmation. Encore le pasteur se déchargeait-il presque toujours de ce soin sur son aide, le sacristain. Souvent encore, l'office d'instituteur était rempli par des ouvriers de bonne volonté, d'anciens soldats ou même des domestiques ^êms place, qui réunissaient les enfants une heure ou deux le dimanche pour leur enseigner, comme ils le pouvaient, à lire et à écrire. Le métier de maître d'école était devenu le refuge de tpus ceux qui ne trouvaient pas à s'employer ailleurs, et c'est k de tels éducateurs que fut abandonnée, à peu près partout, l'insiruction du peuple jusque vers la fin du xviii® siècle.
La méthode valant généralement ce que valent les maîtres, on s'imagine ce qu'elle pouvait être dans de telles conditions. La férule tenait le plus souvent lieu de toute pédagogie, et dans les cas les plus favorables, la mémoire était la seule faculté exercée. Sans doute, Coménius avait déjà, au