Jbid., VII, $S
On dit parfois qu'il suffit de s'occuper du cœur du peuple, mais qu'il n'est pas nécessaire de faire quoi que ce soit pour son intelligence. Pestalozzi s'élève avec vivacité contre celte singulière opinion. Si l'on ne peut, dit-il, former l'intelligence du peuple sans ennoblir son cœur, en revanche il est impossible d'ennoblir son cœur sans cultiver son intelligence *.
Et ailleurs il dit encore : « Je n'ai pas eu et n'ai pas l'intention d'enseigner au monde un art ni une science, — je n'en connais pas — , mais j'ai voulu et je veux rendre facile d'une façon générale au peuple l'élude des éléments de tous les arts et de toutes les sciences, ouvrir aux facultés des pauvres et des faibles les voies de l'art, qui sont celles de l'humanité, et, si je peux, mettre le feu aux broussailles qui mettent le citoyen européen, au point de vue de la force individuelle, bien au-dessous ', des Barbares, en excluant par le charlatanisme de notre émancipation intellectuelle tant vantée, dix individus / contre un du droit qu'a l'homme social d'être instruit, . ou tout au moins de la faculté de faire usage de ce droit ^. y
« Depuis un demi-siècle j'ai travaillé avec une activité infatigable à simplifier autant que possible les procédés de l'instruction populaire, surtout dans ses éléments, et à les rapprocher de la marche suivie par la nature ellemême dans le développement des facultés humaines. Sans doute je ne m'y suis pas toujours pris très adroitement et me suis attiré par là des désagréments sans fin, mais je les ai supportés jusqu'à présent avec patience, sans jamais me laisser détourner du but de mes efforts'. »
A quiconque prétend que Véducation du peuple est\ un réçe, Pestalozzi répond : « Non, ce rCest pas un rêve ! ) Je la confierai à la mère, à l'enfant, à l'innocence, et le scélérat se taira, et ne dira plus : C'est un rêve! * »
La méthode d'éducation de Pestalozzi ne peut former