Wie Gerirud, etc. I, gS
DE l'instruction POPULAIRE 77
de déclassés, car elle tend précisément à empêcher Tenfant de s'aventurer dans une carrière scientifique ou littéraire s'il n*y est pas porté par des aptitudes bien déterminées et par les circonstances de la vie. Mais une fois son choix fait, il se vouera d*autant plus complètement à la carrière choisie et saura subordonner tous les autres ordres de connaissances à celui-là.
C'est là un avantage considérable au point de vue social, pour les carrières libérales comme pour les professions manuelles ^.
De l'éducation des pauvres. — De même que chaque homme doit être élevé pour son état, de même le pauvre doit être élevé pour la pauvreté. Dans toute condition, la vertu de l'homme doit être exercée aux privations, aux obstacles et aux difficultés qui l'attendent plus tard. L'essentiel dans la préparation de chaque carrière consiste donc à s'exercer aux difficultés de cette carrière, à la patience et au re foul ement de tous les désirs qui pourraient faire obstacle plus tard à l'accomplissement des devoirs principaux. Celte vérité est surtout importante pour l'éducation des pauvres, c'est-à-dire pour la préparation à la plus pénible de toutes les conditions.
11 faudra donc préparer les pauvres à gagner leur vie, et ne pas leur donner des besoins au-dessus de leur condition.
Aussi Pestalozzi voit-il dans l'association de Vindustrie et de Véducation le moyen le plus sur de réaliser ces conditions, pour le plus grand profit de l'Etat *.
Dans les établissements ordinaires d'enfants assistés, on ne développe pas leurs aptitudes à ce point de vue, de sorte que l'État, loin d'y gagner, entretient une pépinière d'individus sans culture, inaptes à supporter les duretés de la vie de leur classe et dépourvus des talents