‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 64 sur 152 · Schwanengeaang · texte numérisé non relu

Schwanengeaang

88 l'Éducation élémentaire

moyens que la nature elle-même, indépendamment de tout art, nous offre pour nous aider à rendre nos notions claires, et de nous empêcher d'utiliser ces moyens, en nous gâtant moralement et intellectuellement.

Avec nos. écoles, non seulement nous ne gagnons' rien, mais nous perdons ce que Thomme possède déjà en lui-même sans écoles,, et ce que le dernier des sauvages possède à un degré dont nous n'avons aucune idée.

Un homme élevé par cette éducation monacale, qui fait de lui un sot esclave des mots, est en effet, plus inaccessible à la vérité qu'un sauvage, et plus impropre que n'importe qui à profiter de la direction de la nature et de tout ce qu'elle fait pour nous donner des idées claires et précises *.

Il est donc de toute nécessité que le char scolaire de toute l'Europe soit non seulement mieux attelé, mais bien mieux, qu'il soit tourné en sens contraire et conduit sur une route toute nouvelle.

L'abus des mots exclusif de toute profondeur, de toute pensée et de toute intuition^ doit d'abord être tué et enterré, avant qu'on puisse ramener la vérité et la vie dans notre espèce par l'instruction et le langage.

Et il ne faut pas se contenter de demi-mesures : il faut rejeter sans hésiter tous les livres d'enseignement qui, dans une seule de leurs lignes, supposent que l'enfant peut parler avant de l'avoir appris '.

Notre enseignement scolaire me fait l'effet d'une grande maison dont l'étage supérieur serait éblouissant d'art parfait, mais peu habité. L'étage du milieu est déjà plus habité, mais les gens n'ont pas d'escalier pour gagner l'étage supérieur, et si par hasard quelques-uns montrent l'envie, dans leur détresse, d'y grimper coûte que coûte, on leur tape sur les doigts dès qu'on les voit et on leur casse même un bras ou une jambe. Enfin, au troisième dessous, grouille un troupeau innombrable d'êtres

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