Wie Gcrtruci, etc., X, SS !-'*• Voir p
sans s'en douter, créature libre et raisonnable. La faiblesse de l'enfant fait sa force, ses besoins excitent son amour, et l'espérance dont elle est transportée répond à ce qu'il sera un jour. Elle lui donne pour la pratique des sentiments, du langage et des actes moraux, par laquelle elle l'élève à l'indépendance, un modèle vivant dans ses propres sentiments, ses discours et ses actes. Sa présence, toute l'impression produite par son être produit chez l'enfant la conscience morale^ les germes et les éléments de Vidée du bien.
De même la conscience de l'enfant s'éveille par l'idée de sa mère : ou plutôt, l'image même de sa mère, qui l'accompagne partout, se confond avec sa propre conscience. Elle est également la première Providence qu'il connaisse. Tel elle le juge, tel il apj)rend à se juger luimême. Et en lui apprenant ainsi à se juger, elle lui montre en Dieu, dès^que sa présence ne suffit plus et que ses lumières deviennent trop faibles, le juge suprême, qui est partout, qui Sait tout, le juge saint et juste. Elle sanctionne, elle sanctifie les prescriptions et les lois qu'elle lui impose comme représentante de la nature et de la conscience de l'enfant, sous forme de commandements divins, et elle étend par là, au fur et à mesure que s'étendent d'elles-mêmes l'intelligence et les facultés de l'enfant, et aussi ses besoins, la disposition morale qui doit le conduire à une conception achevée de la vie et du monde. Mais cette conception, tout en exprimant la nature immuable et éternelle de la moralité même, se rattache en tous points à ce qu'il y a d'individuel chez l'enfant, dans ses sentiments et dans ses rapports avec ses frères et sœurs, ses parents, ses camarades, etc. Elle est donc conforme au développement progressif de l'enfant en tous sens, et n'est pas autre chose que l'accroissement de l'activité et de l'étendue de sa nature morale primitive elle-même.
h^éducation élémentaire devra donc continuer, par le maître, l'œuvre de la mère, conformément à son esprit et à l'esprit du christianisme. Elle ne doit sous aucun
prétexte se mettre en contradiction avec les premiers sentiments et les premières dispositions de Tenfant, mais y conformer logiquement tous ses actes ^
DÉFINITION DE L*KDUCATION ELEMENTAIRE. — LVc?W-
cation élémentaire n'est autre chose que le développement et l'éducation des aptitudes et des facultés de rhomme en conformité avec la nature.
Mais qu'est-ce qui constitue la nature humaine!
C'est évidemment l'ensemble des aptitudes et des facultés par lesquelles l'être humain se distingue de l'animal.
D'oii il résulte clairement que l'éducation élémentaire consiste dans le développement et l'éducation des aptitudes et facultés du cœur humain, de V esprit humain et du savoir humain, d'une manière conforme à la nature. D'où encore la nécessité de subordonner la partie ani • maie de l'être à la partie immatérielle, la chair à l'esprit. '
* L'homme veut, tout ce dont il se sent capable, et, en yertu de cette aspiration intérieure, il doit le vouloir intégralement.
Le sentiment de cette force résulte expressément des lois éternelles, immuables et invariables qui règlent la marche de la nature.
Ces lois découlent, de même que les facultés qu'elles régissent, de l'unité de la nature humaine.
Selil, ce qui embrasse l'homme dans l'ensemble de ses facultés morales, intellectuelles et physiques, est yérïtaLblemeni éducatif ei conforme à la nature; mais tout ce qui ne l'embrasse pas dans l'ensemble de son être n'est ni conforme à la nature ni éducatif au sens humain.
Tout développement exclusif d'une faculté isolée est contraire à la nature, et ne constitue qu'un semblant d'éducation, un trompe-l'œil, qui détruit l'harmonie de la nature humaine. L'unité des facultés humaines a été