‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 78 sur 152 · Schwanengesang, §$ 36-39. Voir p. 124, note · texte numérisé non relu

Schwanengesang, §$ 36-39. Voir p. 124, note

voir rétablir dans sa vie, même avec une perfection approxinaative : heureux seulement s'il a réussi à jeter quelque lumière sur le but à atteindre et à détermine!* de nobles esprits à y aspirer. Autrement il rêve peu et se garde bien d'éveiller des rêves chez les autres.

Et -quand ses espérances seraient exagérées, quand il se serait glissé çà et là quelque erreur, pourrait-il en être autrement? Pestalozzi ne le croit pas, et dans sa conscience d'aspirer sérieusement vers le mieux, il ne pourrait encore dire que ceci : Qu'on fasse mieux ce que nous faisons mal; qu'on nous confonde par des vues plus élevées, par des actes plus nobles, par une intervention plus énergique dans la vie du monde réel; qu'on repousse la moindre de nos présomptions, qu'on détourne de nous l'attention des gouvernements et des peuples par une démonstration plus évidente de la vérité, par des tentatives mieux réussies et par des résultats plus heureusement atteints. Qu'un meilleur fasse mieux, qu'un esprit plus élevé atteigne plus haut!... Nous ne demandons rien de plus : c'est un bonheur de disparaître; vivre silencieusement et mourir sans bruit est aussi le bonheur. Je n'ai pas eu le premier, puissé-je avoir le second !

Et pourtant, son œuvre mérite-t-ellc un tel dédain? N'a-t-elle donc rien valu, rien produit? Il en appelle à sa patrie.

Et lors même qu'il s'en exagérerait la portée et concevrait une joie et des espérances trop grandes, est-ce une raison pour qu'on le raille ?

Personne n'a été .plus que lui obligé à la modestie et à la patience, sans lesquelles son œuvre n'existerait plus depuis longtemps, et ne tiendrait pas une heure.

« Mut und Demut » [Courage et humilité) : telle a été sa devise dès le début. « De quoi serais-je lier? Ce n'est pas moi qui ai entrepris mon œuvre, elle m'est tombée dans la main avant que je l'eusse reconnue, et lorsque je l'eus reconnue, je ne pus plus retirer ma main. Je n'ai donc fait que mon devoir, et ce que je fais, je dois le

108 l'Éducation élémentaire

faire, lors même qu'une grande partie devrait en tomber dans Toubli. »

C'est par l'imperfection que se forme dans les mains de l'homme la perfection. L'œuvre n'en est encore qu'à la base, et il n'est pas bon de se perdre dans les rêveries du sommet.

« Voyez la plante qui croît : vous ne savez pas comment elle poussera; mais vous la voyez s'épanouir et vous croyez fermement qu'elle mûrira, sans pourtant être sûr que le lendemain elle aura le soleil, la rosée et la pluie doiit vous jugez qu'elle a besoin. Ainsi je vois mon œuvre croître au milieu d'éléments proches ou éloignés qui sont aussi peu en mon pouvoir, et pourtant je crois fermement qu'elle atteindra sa maturité. Cette foi, de même que la confiance que je mets dans mon bonheur qui en dépend, est pourtant liée à la conscience profonde que j'ai de manquer des forces suffisantes pour mener mon idée à sa réalisation complète.

« Puisse cette foi me rester! Puisse-t-elle tranquilliser et soutenir tous ceux qui collaborent à mon œuvre; mais puisse-t-elle aussi ne donner à aucun de nous le vertige en lui faisant croire que le succès fortuit et passager de notre œuvre en est le grand jour définitif! Puissions-nous, à la vue de quelques parties réussies de notre tentative, ne pas nous laisser entraîner à nous faire illusion un seul instant sur les progrès qui restent à faire. Ce serait vraiment le plus grand obstacle que nous pourrions mettre nous-mêmes à la réalisation de notre but et de nos espérances. Puissions-nous, en nous réjouissant de notre succès, ne pas nous illusionner sur l'étendue de ce qui reste encore à faire pour mener notre œuvre complètement à bien ^ !

Malgré le sentiment de l'imperfection de son œuvre, Pestalozzi conserve sa foi dans la parole : Cherchez et vous trouverez ^!

1. Ûber die Idée der Elementarbildung, gg 162-171. 2.1bid., S 187.

UL SETSaSS VMg

CHAPiTiîE :::

LA MÉTBOTiZ ZLLUETTr. il

La méthode d''édiica!tiflD eai nue. — 'L*-.iii..:"n ^ «rr ^ ##* v» «^ méthode élésteotaîre. — Caracte*r» ci*- x« r*^..:. .'^ - I^ méthode est pe^âre an poinî d« -^u* '^*' .' :..'^'~ '>-. — Z> méthode ne nvît pas à Iiadj'c^imsiii'kt — L>' vr^.:. ^^^ ^t p '«^ live aa point de Toe de J enae ujejM ' n '. — ^^ n.- '.;« v'^ o ^t être aniTers^le. — Rapporte ot .us ««-î'ij'^v* »'-»-- ** TT<«..«n*« et le forinalisa»e, le jcbZaTjîu^vifiTiwn** ^ ' bua««r;. •«im«: - «^ méthode imite la niitiD<e. — 1^ h^-zIuuxm^ m.iw a. n*rr*,

La méthode »'É»rcATii.» î^t xil — l i»* j>*-u' 5 avoir deux bouses iDt:î.îi:»D^r 1 i. * 'a 2: ':î. h#*, î»*ni»» ; celle qui est fondée sur îe* j ^l*^ *r.rrn/^:^*r* c»*r ii i^iu*^ Mais il y en a hi£iiî]Dei.l ùt ii;at" L.-r^>. *r* *^I*f* ** »»%fî!* chacune dans la pfc»:»>r:î:'L :»l *-'.f* t *:*:*: ^x*r.:\ i*«r» jv t de la nature.

a Jesaisparfadeibc^t :jDe ^1/.* s^l#* '^ fî>.* •^*: n>*;^ ^^'j*^k n'est ni dans mes mûi:^ i.! i.*.i.» v *^# t t.u'vt î.vî «1.* et que tous no«s x»e pior» :•!.♦ rw: ij *l» ^^ *• •,»* v î>*rf , Aussi je la chcrcbe et t'»ir.^* n»*-» îv*'>»rr ».' i ♦ • l'égard de mes cffwl* ei o- ,' :•:■ i.'-t ' \ n, ♦-»- *.v*i qu'une seulederisc : V- la i ^'.^.ir.M .'>^:.'* /.'-^ 'o >>

« Je ne conteste patf 7vt :tr* «it -•*;♦. r..»-".:.v'.i»:» ;/v."A"* produire de bons ta-- *l.*>- i^t i/'i.* *.v* c-vf '. -» « * ^* bons marchand et ôe l'-.i.» ♦-vt.**.* n ' » ^fÇ* v/' *.«/.*.*: qu'elles puissent prc^L^'t ^^ t*. .*"„♦ w vi. tL-***,'.^'.^ qui soit «il homme as t^i* *r>'**: ', u iiv*. 0/ >*^ %v* d*; tout enseignement te ^*r-i^t^:.t > v,*r i^K c.v'.'.*r? i. , ,;,* dividu les qualités ci.. *n. ^, :* \% ',„*',",>. *A ^,k >« cultiver parle àè\*:\' \',*^:^*:\\ j^r-t:. v- . ; , *; ';*:« -^^ ^ *>^»î et des aptitudes de li i.**'^*> ; „*-: <,\* . *

Pestalozzi a d'alL^îri"* v.r.»'^*->*: Vv.t v*; 'r . ,, a t/'/ ,v<: de bon dans réd-t-itl' '-, r Li '•^,' .:,'A^, d «:'2.*/,a*..oft

simple et droite de nos pères », dit-il, « était bien plus près des principes de Véducation élémentaire que^^le raffinement artificiel de la pédagogie en notre temps de faiblesse et.de corruption *. »

Il regrette aussi Tabus qu*on a fait du mot méthode, qu'on a employé beaucoup trop tôt partout pour désigner les formes et les procédés isolés de Véducation élémentaire intellectuelle, La seule chose qu'on puisse et doive appeler ainsi avec justesse, c'est tout Tensemble de Véducation conforrne à la nature^ et non tel ou tel point de vue relatif a certaines parties de l'éducation ou à certains procédés d'enseignement *.

Définition et exposé de la méthode élémentaire. — Cette méthode s'adresse à la nature humaine considérée comme une unité, comme un tout, elle en embrasse toutes les facultés et les aptitudes. Elle considère htmorale et4« religion non seulement comme des auxi-^ liaires de l'éducation intellectuelle, mais comme ê^' constituant le fondement absolu et nécessaire. Ëtfe élève notre nature, avant de la conduire à la connaissance des choses, par des sentiments supérieurs, et, utilisant les tendres liens qui unissent l'enfant aux parents, et" qui se traduisent en reconnaissance, amour et confiance, elle les reporte du père et de la mère terrestres au Père Céleste : car elle jj^ croit possible d'unir harmoniquement les procédés d'éducation* morale, intellectuelle et physique de l'enfant qu'en étendant ses senliçfients envers sa mère jusqu'à la loi et l'adoration de Dieu.

Dès le premier mot qu'elle enseigne, dans, chaque faculté qu'elle exerce, ou chaque vérité qu'elle démontre, elle ne donne que des faits et non des idées, et elle fonde chaque idée que se forme l'enfant^ sur l'observation des faits.

On a donc eu tort d« lui' reprocher d'arracher préma-

Page 1