Ibid., IX, SS 1 et
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nos sens par Tintervention de Tart et de l'éducation, en tant que celle-ci dépend de nos parents et de nos maîtres. Cette sorte d'intuition est naturellement proportionnée au degré d'intelligence et d'activité des parents et des maîtres.
3® La volonté personnelle^ c'est-à-dire la volonté qu'a le sujet d'acquérir des connaissances et d'arriver par lui-même à des notions intuitives. Les notions intuitives ainsi acquises donnent à nos connaissances une valeur personnelle intrinsèque et nous mettent plus à même d'exercer notre propre action morale sur notre éducation.
4° La profession et V activité en général, c'est-à-dire les efforts et le travail nécessités par la profession et en général par toute activité qui n a pas pour but exclusif l'acquisition des notions intuitives. Cette manière d'acquérir des connaissances a pour effet de rattacher nos notions intuitives à certaines situations, d'en mettre les résultats en harmonie avec nos efforts vers le devoir et la vertu, et elle a surtout, par son caractère obligatoire non moins que par l'indépendance où se trouvent ses résultats vis-à-vis de notre volonté, l'influence la plus décisive sur la justesse, la suite et l'harmonie de nos connaissances jusqu'à la réalisation de leur objet, qui est la clarté des notions,
5° h'analogie et V abstraction. Enfin l'acquisition des connaissances par Y intuition procède par analogie en nous apprenant à connaître même la nature de choses qui ne se sont jamais présentées à notre intuition directe, mais dont nous déduisons, par abstraction^ la ressemblance avec d'autres objets qui sont réellement tombés sous notre intuition directe.
Dans ce cas, le progrès de nos connaissances, qui, en tant que résultat des intuitions directes réelles, n'est que l'œuvre de nos sens, devient l'œuvre de notre âme et de toutes ses facultés, et nous vivons alors, pour ainsi dire, dans autant de sortes d'intuitions que nous avons de facultés : mais ici le mot intuition prend un sens plus étendu que dans l'usage ordinaire et renferme toute la
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série des sentiments inséparables de la nature de notre âme *.
Rapport entre les objets de l'intuition et la condition SOCIALE. — La quantité et la valeur des objets de V intuition, ainsi que la somme des moyens employés pour en tirer parti au profit de la culture de Tesprit, varient avec la condition sociale des individus. La quantité de ces objets sera naturellement plus restreinte chez le paysan que chez Thomme exerçant une profession ou une industrie à la ville, et sera de même plus restreinte chez ces derniers que chez ceux qui se destinent à une carrière scientifique ou littéraire, etc. ^.
Influence édugatkice de la vie. — C'est vraiment la
vie qui forme l'homme. La vie dans la grande société forme
par la force ; la vie dans la famille forme par Vamour ^,
La vie forme : tel est donc le principe fondamental de
toute éducation conforme à la nature *,
Comment la vie forme^t^elle ? Comment la vie est-elle éducatrice?
Pour répondre à cette question, il y a lieu d'examiner deux points de vue :
1° Comment la vie peut-elle influer sur le développe^ ment naturel des facultés de Venfant?
Elle le fait en toutes circonstances par des lois immuables, éternelles, qui sont les mêmes pour tous les hommes et à tous les degrés de l'échelle sociale.
2° A quel point cette influence est-elle propre à développer en lui l'application des facultés développées .^
La vie agit encore ici sur chaque individu qu'elle forme en complète harmonie avec les diverses circonstances dans lesquelles se trouve l'enfant, et aussi en harmonie avec les facultés propres de l'individu. Aussi cette influence est-elle très diverse.