‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 87 sur 152 · Wie Gertrud, etc., IV · texte numérisé non relu

Wie Gertrud, etc., IV

DE l'intuition 133

plutôt que celle de leurs états variables. Et réciproquement ils ne sont qu'une cause d'erreur et d'illusion s'ils présentent à mes sens leurs qualités fortuite^ plutôt que leurs qualités essentielles.

A chaque notion intuitive imprimée dans l'esprit profondément et pour ainsi dire d'une façon indélébile se rattachent très aisément, et pour ainsi dire sans qu'on le cherche, toute une série de notions accessoires plus ou moins connexes.

Par le groupement d'objets ayant des qualités essentielles communes, la connaissance de leur nature intime est considérablement accrue, fortifiée et consolidée, et l'impression dominante et trop exclusive des qualités des objets isolés est au contraire affaiblie, au profit de l'impression que doivent faire sur l'esprit leurs qualités essentielles. De cette manière l'esprit n'est pas absorbépar les impressions des qualités isolées, et l'on ne court pas le risque de confondre sans discernement l'aspect extérieur des choses avec leur nature intime, ni de s'at* tacher outre mesure aux choses qu'une connaissance plus approfondie fait reconnaître comme accessoires, et d'en remplir la tête d'une façon fantastique.

Aussi, plus l'homme acquiert de notions étendues et générales des choses et de leur essence, moins il peut être égaré par des vues bornées et exclusives, et réciproquement.

Même la notion intuitive la plus compliquée se compose d'éléments simples. La notion claire et précise de ces éléments permet de rendre simples les choses les plus compliquées.

Rôle des sens dans l'intuition. — Plus on applique de sens à reconnaître la nature intime d'un objet, plus la connaissance de cet objet est exacte ^

Fondement psychologique de l'enseignement. — Pestalozzi s'est de bonne heure convaincu par Texpé-

Page 1