Voir pp. 158, 159 et
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de même que le langage est le lien extérieur qui les unit, de même ils sont unis aussi par un lien intérieur qui est le moi de l'enfant, c'est-à-dire la conscience^ YintuiUon, le sentiment qu'il a de lui-même. C'est ainsi que l'enfant entre, malgré son innocence et sa naïveté, mais avec sûreté, à la fois dans le domaine de la connaissance et de l'expérience de son être, du monde et des hommes. Il apprend sans présomption à se connaître et en même temps à se sentir et à se mouvoir dans les limites et les relations nécessaires de sa nature. Sans doute il n'arrive pas par là à pouvoir discourir sur toutes choses, il ne le peut ni ne le veut. Mais son langage est le langage de la vérité et du sentiment, et non de l'apparence et de l'illusion *.
Inconvénients de l'émulation. — L'enfant élevé dans l'esprit de Véducation élémentaire est, au point de vue moral et intellectuel non moins qu'au point de vue des talents acquis, exercé à chercher l'occasion d'employer ses facultés dans l'usage même de ces facultés. Cette faculté de ne dépendre que de lui-même en toutes circonstances lui devient habituelle par la /72^//^o^e. Il ne se compare qu'à lui-même. De même qu'au point de vue moral il se demande seulement : Suis'-je pieux par la façon dont f honore Dieu, et par V exercice de mes facultés morales? et jamais : Le suis^je plus que tel autre? de même il se demande au point de vue intellectuel : Fuis^je résoudre tels problèmes ou ne le puis^je pas? et jamais : Le puis'-je mieux qu^un autre? Il ne connaît pas d'autre point de comparaison de sa force en dehors de lui-même, tandis que notre époque actuelle, dans sa faiblesse, n'en connaît aucun et n'en cherche aucun en nous-mêmes.
La joie intense qu'éprouve l'enfant à la découverte d'une vérité dispense des moyens qui consistent à exciter l'émulation en exaltant l'amour-propre des uns et en humiliant les autres ^.