‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 94 sur 152 · Ibid., S · texte numérisé non relu

Ibid., S

Première instruction de l'enfant. — L'instruction commence dès la naissance de Tenfant. A partir du moment où ses sens deviennent accessibles aux impressions de la nature, la nature l'instruit.

Tout enseignement n'est donc autre chose que Tart de favoriser celte aspiration de la nature à son propre développement, et cet art réside essentiellement dans la proportion et l'harmonie des impressions à donner à l'enfant suivant le degré de développement de ses facultés. Il y à donc, dans les impressions qui doivent être données à l'enfant par l'enseignement, une certaine suite à observer, parallèle au développement des facultés de Tenfant. C'est sur l'observation de ce principe que repose la composition de livres élémentaires vraiment appropriés à notre nature et à nos besoins.

L'enfant ne doit commencer à lire et même à épeler qu'après avoir été pourvu abondamment de connaissances intuitives et verbales.

On a tort d'enseigner à lire et à écrire avant que l'enfant sache réellement parler ^ et de croire quUl sait réellement parler sans être en état de sentir et de penser. C'est donc le chemin contraire qu'il faut suivre.

L'enfant doit être amené à un degré avancé de connaissance des choses par la vue directe et par le langage avant qu'il soit raisonnable de lui apprendre à lire ou même seulement à épeler.

Les enfants ont donc besoin, dès l'âge le plus tendre, d'être conduits psychologiquement à une connaissance intuitive raisonnable de toutes choses *.

Expériences de Pestalozzi sur de jeunes enfants. — Voici comment Pestalozzi nous raconte lui-même, dans le journal qu'il tint au commencement de l'année 1774, sur l'éducation de son fils, alors âgé de trois ans, les essais qu'il fit à cette occasion de sa méthode.

« 1^^ février. Je lui ai appris à l'aide de figures et d'objets les mots : dehors et dedans^ en bas et en haut, milieu et

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