‹ Pestalozzi et l'éducation populaire moderneChapitre 95 sur 152 · Wie Gertrud, etc., I, gg · texte numérisé non relu

Wie Gertrud, etc., I, gg

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côté ; je lui ai montré la neige se changeant en eau dans la chambre... 2 février. J'ai cherché à lui faire comprendre, par la connaissance de la vraie signification des premiers nombres, le sens exact de mots qu'il récitait par cœur sans en connaître la vraie signification. Avec cet exemple, l'homme le plus incapable eût été frappé de voir combien c'est un obstacle à la connaissance de la vérité, de savoir des mots avec lesquels on n'associe pas les justes notions des choses. L'habitude de ne se représenter aucune différence intérieure entre les noms des nombres était déjà acquise et empêchait toute attention : 7, 8, 9, 5, 17, tout cela était pour lui la même chose... Pourquoi ai-je commis la sottise de lui apprendre précipitamment des mots si importants pouk* là connaissance de la vérité, sans avoir le soin de déterminer les notions qu'ils représentent, dès le premier nombre que je lui ai nommé? Combien il eût été naturel de ne pas lui faire dire trois avant qu'il eût appris à connaître exactement le deux dans toutes les matières données ! comme il eût appris à compter naturellement! et combien je me suis écarté des voies de la nature ^ ! »

Pestalozzi nous décrit encore l'application qu'il a faite de sa méthode sur un enfant de trois ans, dont il s'occupait tous les jours avec lui pendant une heure. « J'essayai de me servir de lettres, de figures et de tout ce que j'avais sous la main pour l'instruire, c'està-dire pour éveiller en lui par tous ces moyens des notions nettes et des opinions précises. Je lui faisais désigner d'une façon précise ce qu'il connaissait de chaque objet : la couleur, les parties, la position, la forme et le nombre. Je dus aussi bientôt laisser de côté les malheureuses lettres de l'alphabet, ce premier tourment de l'enfance ; il ne voulait voir que des images et des choses, et il s'exprima bientôt avec netteté sur les objets qui étaient à sa portée. Dans la rue, dans le jardin, dans la chambre il trouvait mainte occasion de

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