Morf, Zur Biographie PestalozzVs, I, p
confirmer d'une façon générale ses connaissances, et il fut bientôt en état de dire sans se tromper les noms de plantes et d*anîmaux les plus difficiles, et de comparer à cet égard les objets qui lui étaient tout à fait inconnus avec ceux qu'il connaissait déjà, et à produire ainsi en luimême une intuition nette de ces objets. Et quoique cet essai eût pour conséquence de nous égarer sur des chemins détournés et, pour les objets étrangers et lointains, de nuire aux impressions des objets présents et proches, il nous éclaira cependant à bien des égards sur les moyens d'éveiller les dispositions de l'enfant et de le pousser à l'activité personnelle en vue du maintien de ses facultés. Mais, d'autre part, cet essai fut, pour le but que je poursuivais, insuffisant, parce que l'enfant avait déjà perdu trois années ; or, je suis convaincu que pendant cet espace de temps la nature amène déjà les enfants à avoir conscience de la façon la plus nette d'un nombre infini d'objets. Il suffît alors de s'appuyer, par un langage psychologique approprié, sur cette conscience acquise pour la transformer en un haut degré de clarté^ et mettre ainsi l'enfant en état de rattacher les fondements de maints ordres de connaissances et de vérités à ce que la nature lui a appris elle-même, puis d'utiliser en revanche ce que la nature leur a appris elle-même comme moyen d'éclaircir les fondements de tous les ordres de connaissances et de vérités qu'on veut leur enseigner. A cet âge, les enfants ont déjà une grande force et une grande expérience : mais nos écoles anti-psychologiques ne servent qu'à étouffer et à détruire toutes les conséquences de cette force et de cette expérience que leur a données la nature, »
Les premiers livres. — Pour amener l'enfant à la connaissance intuitive des choses, il faut faire précéder les livres d'ABC de livres qui servent à lui rendre claires, à l'aide d'objets réels bien choisis (en nature ou en reproductions soignées, dessins ou modèles) et mis devant leurs sens, les notions qu'on veut lui donner par le langage.
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Les premiers livres doivent partir des éléments les plus simples des connaissances humaines; ils doivent imprimer profondément dans Tesprit des enfants les formes les plus essentielles de toutes choses ; ils doivent développer clairement de bonne heure en eux la première conscience des rapports de nombre et de mesure ; ils doivent leur fournir les mots et le langage pour toute rétendue des choses qui sont dans le domaine de leur conscience et de leur expérience , et remplir partout amplement les premiers degrés de Téchelle de connaissances à laquelle nous amène la nature elle-même pour nous faire acquérir tout art et toute force.
L'absence de livres de cette sorte est une grave lacune*.
Principes de la première éducation. — Il faut bien se garder de raisonner avec les enfants dans les premières années, mais se borner, dans les procédés qu'on emploie pour développer leur esprit : 1^ à étendre toujours davantage le domaine de leur intuition] 2^ à imprimer dans leur esprit, d'une façon solide et nette, les notions intuitives transmises à leur conscience; 3o à leur donner une connaissance étendue du langage pour toutes les notions que la nature et Tart ont transmises et doivent transmettre en partie à leur conscience.
A mesure que la netteté de ces trois points de vue devenait de plus en plus grande pour Pestalozzi, il se sentait de plus en plus convaincu, nous dit-il : 1® du besoin de livres d'enseignement m^wiV//' pour la première enfance ; 2^ de la nécessité d'une méthode d'explication ferme et précise pour ces livres; 3<» du besoin d'enseigner, à l'aide de ces livres et de la méthode d'explication qui s'y rattache, les noms et les termes avec lesquels il importe de familiariser les enfants avant même que le moment d'apprendre à épeler soit venu pour eux.
Importance du vocabulaire et de la nomenclature. — L'avantage de la connaissance précoce et cou-