Voir p
3. Lettre à SteinmttUer, publiée dans la Bibliothèque des maître* d^ école helvétiques^ Saint-Gall, 1801.
144 l'Éducation élémentairb
[Pestalozzi fait remarquer à ce propos qu'il a constaté par expérience que les enfants connaissent les proportions et savent manier le crayon à dessin plusieurs années avant de savoir manier la plume et tracer des petites lettres, et il est parti de ce principe pour leur faire tracer de bonne heure des lignes, des angles et des arcs, et leur en faire apprendre les définitions par cœur.]
(( Pour atteindre ce but, Pestalozzi distribue à ses écoliers des petites feuilles minces de corne transparente; sur ces petites tablettes sont tracés en creux des traits et des lettres, et les élèves s'en servent d'autant plus facilement comme modèles qu'ils les placent sur les figures dessinées par eux et peuvent, grâce à la transparence, faire la comparaison. Une double occupation en même temps est une préparation à mille circonstances et travaux qui se présentent dans la vie, où l'attention doit se part<iger sans se disperser. Ainsi les écoles de travail manuel se fondent entièrement sur le développement de cette habitude. »
Le langage comme base de l'enseignement. — « 2° Il rattache tout son enseignement au langage. »
[Pestalozzi explique qu'il considère, après l'observation directe réelle de la nature, le langage comme le premier instrument d'acquisition des connaissances que possède l'homme. Car il part de ce principe : l'enfant doit apprendre à parler avant de pouvoir raisonnablement être amené à lire. Mais Pestalozzi ajoute qu'il a rattaché l'art d'apprendre à parler aux enfants aux notions intuitives [Intuitionsbegriffé] que leur ddïine la nature et à celles qui doivent leur être données par l'art pédagogique.]
« En effet, les résultats de tous les progrès humains sont consignés dans le langage ; il suffit de les poursuivre psychologiquement à l'aide de celui-ci. »
[Pestalozzi fait remarquer que le fil nécessaire à la recherche psychologique de ces résultats se trouve dans la nature même du développement du langage. Le sau-
vage commence par nommer son pbjet, puis il le désigne (bezeic/inet) , enfin il Vassocie (verbindet), mais très simplement, et ce n*est que plus tard qu'il arrive à pouvoir en déterminer d'une façon plus précise les qualités variables suivant le temps et les circonstances, par les désinences des mots et leurs associations.]
a Pestalozzi ne veut pas raisonner avec les enfants avant de leur avoir fourni une certaine provision de mots et d'expressions, qu'ils apprennent à adapter à leur sphère, à composer et à décomposer. C'est pour ce motif qu'il enrichit leur mémoire d'explications simples d'objets sensibles, et il apprend ainsi à l'enfant à décrire ce qui l'entoure, par conséquent à se rendre compte de ses idées ou plutôt de ses représentations ( Vorstellungen) et à les dominer en en prenant clairement conscience, alors qu'elles étaient déjà en lui. »
[Pestalozzi insiste sur cette pensée, que, pour diriger les enfants vers la raison et les mettre sur la voie qui les conduit à penser par eux-mêmes, il faut éviter le plus possible qu'ils parlent à tort et à travers et qu'ils s'habituent à se prononcer sur des choses qu'ils ne connaissent que superficiellement. « Je "crois », dit-il, <r que l'époque de l'étude n'est point celle du jugement; l'époque du, jugement commence lorsque l'étude est achevée, avec la maturité des causes pour lesquelles on juge et on peut juger; et je crois que tout jugement, pour avoir une vérité intérieure chez l'individu qui l'exprime, doit résulter d'une connaissance étendue de ces causes, et surgir aussi mûr et aussi complet que l'amande mûre sort librement et sans violence de sa coquille ».]
« Il développe leur habileté de langage par maints exercices mécaniques et leur fait observer une certaine cadence en parlant, en leur faisant faire des exercices faciles de flexion (déclinaisons et cojugaisons]. »
[Pestalozzi fait remarquer que ces exercices ne s'appliquaient qu'à des descriptions d'objets sensibles, déjà connus.]
PiNLOCBE. — Pestalozzi. 10
« Ils gagnent ainsi beaucoup d'assurance et de franchise, et lorsqu'ils ont appris par beaucoup d'exemples à connaître et à employer certaines formes de description, ils revêtent de ces formes, plus tard, mille objets qui se présentent et impriment à leurs explications et à leurs descriptions le caractère d'une véritable netteté sensible.
[Pestalozzi fait observer à ce propos qu'il cherche maintenant dans le nombre, la mesure et le langage les premiers éléments généraux nécessaires pour atteindre ce but.]
Nécessité des données générales. — « 3® 11 cherche à fournir pour toutes les opérations de l'esprit soit des données générales (Data), soit des rubriques, soit des idées directrices. »
[Pestalozzi explique qu'il s'efforce de chercher dans toute l'étendue de l'art et de la nature les points fondamentaux, les manières de voir, les faits qui peuvent être utilisés, grâce à leur netteté et à leur caractère général, comme des moyens féconds de connaître et de juger plus facilement un grand nombre d'objets qui leur sont subordonnés et qui s'y rattachent, et c'est ainsi qu'il fournit aux enfants des données générales qui les rendent attentif sa des objets analogues; il leur présente sous certaines rubriques des séries de notions analogues, dont les définitions permettent de leur présenter séparément les séries entières des objets et de les rendre claires suivant la nature de leurs distinctions.]
(c Ces données, si désordonnée que soit la façon dont elles sont présentées, sont cependant combinées en vue les unes des autres. Ce sont des idées dont l'une renvoie à l'autre et qui, précisément pour cette raison, donnent à l'esprit, par le besoin de compléter et de grouper avec plus de facilité les objets isolés, le désir de la recherche.
« Les rubriques conduisent à la classification des idées à recevoir, et mettent de l'ordre dans ce chaos; et ce casier ainsi établi incite l'enfant à en remplir les vides
avec d'autant plus d'ardeur. C'est ce qui se passe pour les rubriques principales de la .géographie, de l'histoire naturelle, etc. En outre, l'analogie qui existe dans le choix des objets vient en aide à la mémoire.
a Quant aux idées directrices^ elles consistent en certaines questions à résoudre qui sont ou peuvent être en elles-mêmes l'objet de toute une science. Lorsque ces questions, déco^iposées en leurs éléments, sont présentées à l'enfant d'une manière compré(iensible, combinées de manière à se rattacher à des données qu'il possède déjà ou qu'il trouve facilement, et utilisées pour des exercices d'observation, il en résulte que l'esprit de l'enfant travaille sans cesse pour en trouver la solution. Une simple question comme celle-ci : Qu est-ce que l'homme peut tirer des trois règnes de la nature pour se vêtir? fournit un exemple de ce procédé. L'enfant pourra, en se plaçant à ce point de vue, observer et examiner beaucoup de choses qu'il soupçonne capables de l'aider à résoudre cette question. De cette façon il se construit à lui-même la science qu'il doit apprendre. Il va sans dire qu'on doit lui en fournir les matériaux par tous les moyens.
a II faut aussi ranger parmi les idées directrices les principes qui d'abord ne sont confiés qu'à la mémoire comme maximes pratiques, mais qui peu à peu gagnent de la force, trouvent leur application et leur importance, et par là même s'impriment plus profondément dans l'esprit et se vérifient plus complètement. »
Simplification du mécanisme de l'enseignement. — c 11 veut simplifier le mécanisme de l'enseignement et des études*. Ce qu'il met dans ses livres d'enseigne-
« 1.11 est incontestable que l'esprit humain n'est pas également accessible aux impressions visées par l'enseignement sous toutes les formes où elles lui sont présentées. L'art de trouver celles de ces formes qui conviennent le mieux à sa faculté réceptive constitue le mécanisme de la méthode que chaque maître doit chercher dans la libre nature et apprendre d'elle pour le profit de son art. » {Note de Pestalozzi.)
ment pour le faire apprendre aux enfants, doit être assez simple pour que chaque mère et plus tard chaque maître, avec un minimum d'aptitude à enseigner, soit en état de le comprendre, de le répéter, de l'expliquer et de le combiner. Ce qu'il cherche surtout, c'est à rendre la première éducation des enfants agréable et intéressante pour la mère, grâce à un enseignement simplifié, s'exerçant par la parole comme par le livre, et, suivant sa propre expression, à combler ainsi peu à peu la lacune des écoles primaires, en complétant leur action par une éducation de famille perfectionnée.
« C'est pourquoi il veut tenter des essais avec les mères de famille, dès que ses livres d'enseignement seront imprimés, et l'on peut espérer que le gouvernement y contribuera par des petites récompenses. »
[Pestalozzi ne méconnaît pas les difficultés qui surgiront sur ce point. On s'écrie partout que les mères de famille ne se résoudront pas à ajouter à toutes leurs occupations de ménage ou autres un nouveau travail, — Mais, répond-il, ceci n'est pas un travail^ cest un jeu/ hoin de leur prendre du temps, cela contribuera au contraire à combler le vide de mille instants qui les oppriment. On dit qu'elles ne voudront pas. Le Père Boniface en disait autant lorsqu'il affirmait en 1519 à Zwingli qu'elles ne liraient pas la Bible avec leurs enfants, et en 1522, voyant qu'il s'était trompé, il s'écriait : « Je ne l'aurais pas cru! » Pestalozzi est sûr de ses moyens et espère qu'il en sera de même pour son projet.]
Popularisation des sciences. — « 5° Il veut populariser les sciences : ce principe découle du précédent. »
[Pestalozzi explique qu'il veut seulement chercher à obtenir d'une façon générale la somme de connaissances et de jugement dont tout homme a besoin pour vivre indépendant et avec sagesse.]
ce II veut obtenir ce résultat par la composition de livres d'enseignement qui contiennent déjà les principaux éléments des sciences, exposés dans un langage
APPLICATION DE LA MÉTHODE ÉLÉMENTAIRE \k9
approprié, et fournir ainsi en quelque sorte les pierres énormes dont il sera facile plus tard de constituer la voûte de l'édifice. »
[Pestalozzi dit à ce propos : Les livres d'enseignement ne doivent être que la continuation artificielle, dans toutes les branches du savoir, de ce que la nature fait pour les développer chez l'homme dans toutes les situations et toutes les circonstances, la préparation artificielle des forces dont l'homme a besoin pour utiliser sûrement ce que la nature fait elle-même, dans toutes les branches^ pour son développement.]
a De plus, il doit faire ces livres à bon marché..,, et de manière à former une suite et un tout. Et dans le même but il fera exécuter à des prix très bas des cartes géographiques, des figures géométriques, etc. Le produit en sera affecté à la fondation d'un institut, d'une école ou d'un orphelinat. »
[Pestalozzi déclare ne pouvoir abandonner la totalité de ce produit, mais il promet d'en donner la plus grande partie et de consacrer jusqu'à la mort son temps et ses forces à cet orphelinat, si le gouvernement ou les particuliers lui en rendent la fondation possible d'après ses principes.]
Le LIVRE DOIT REMPLACER LE MAÎTRE. — a 11 doit aUSsi
réaliser ce progrès, que le maître, étant donné un minimum de capacité, puisse non seulement ne pas nuire à l'élève, mais le faire avancer convenablement. » [Pestalozzi voit là un point essentiel ; il croit qu'on ne saurait songer à avancer d'un pas dans l'instruction populaire en général tant qu'on n'aura pas trouvé des formes d'enseignement qui réduisent le maître, au moins jusqu'à la fin de l'instruction élémentaire, à n'être que l'instrument mécanique d'une méthode dont les résultats doivent résulter de la nature de ses formes et non de l'art de celui qui l'emploie, a J'admets comme un principe absolu », dit-il, « qu'un livre scolaire n'est bon que si un maître sans instruction peut s'en servir à peu près aussi bien qu'un maître instruit et habile, et en
150 l'Éducation élémentaire
tirer, au moins, au besoin, un parti suffisant. Il doit être fait de telle façon que l'homme sans instruction et la mère y trouvent un secours suffisant jjour être toujours, dans le développement progressif auquel il s*agit de conduire Tenfant, d'un pas en avance sur l'enfant lui-même. Il n'en faut pas davantage, et pendant des siècles encore, vous ne pourrez pas donner davantage
à la masse des maîtres d'école. «^
L'enseignement mutuel. — « L'avantage sera aussi, de ce fait, de pouvoir instruire à la fois un grand nombre d'enfants, d'exciter l'émulation et de faciliter l'échange des notions acquises entre les élèves eux-mêmes, enfin d'éviter par là les procédés détournés suivis par d'autres méthodes, tels que l'analogie des connaissances, l'attention forcée, la récitation, etc. *. »
IlL — Règles et abservations pédagogiques
tirées de la pratique.
Pestalozzi prend soÇi de nous prévenir que ce qui va suivre sont de simples observations tirées de la pratique de sa méthode, qu'il faut considérer non pas comme des vérités pédagogiques niures, mais seulement comme les premiers éléments de principes pédagogiques qui, dans l'application, se sont développés d'une façon de plus en plus précise.
Règles générales. — Une nomenclature bien ordonnée, gravée dans l'esprit au point de ne plus pouvoir être oubliée, peut servir de base générale pour toutes sortes de connaissances, et permettre ainsi, à l'enfant comme au maître, de s'élever peu à peu, mais d'un pas sûr, à des notions claires dans toutes les branches du savoir.
Pestalozzi a obtenu chez les enfants, par l'exercice des lignes, des angles et des arcs, une fermeté dans la con*
1. Wie Gerirud, etc., I, gg 44-61. Voir pp. 17 et 124, et aussi les rapports de Ramsauer (p. 2G) et de Soyaux (p. 30).
naissance intuitive de toutes choses et une habileté de main dont la conséquence doit être de leur rendre clair et à peu près précis tout ce qui rentre dans le cadre de leur expérience intuitive.
L'habitude d'enseigner aux enfants les éléments du calcul à Taide d'objets réels ou tout au moins de points qui les représentent, doit nécessairement contribuer à donner une base solide et certaine à la science du calcul dans toute son étendue et prévenir Terreur et la confusion dans la suite des progrès.
La description, apprise par cœur, des idées exprimées par les mots : aller^ se tenir debout, être couché^ assis, etc., a servi à montrer le rapport qui unit les principes fondamentaux au but vers lequel ils doivent tendre d'après Pestalozzi, et qui est, il le répète, d'arriver peu à peu à rendre claires toutes les notions. En faisant décrire aux enfants des objets tellement clairs pour eux que Texpérience ne pourrait rien ajouter à leur clarté, non seulement on les met à Tabri de la présomption de vouloir décrire quoi que ce soit qu'ils ne connaissent pas, mais on leur fait nécessairement acquérir, pour décrire ce qu'ils connaissent réellement, une habileté qui les met en état de le faire pour tout le cercle de leurs connaissances intuitives avec unité, précision, brièveté et d'une façon assez étendue.
La vérité qui résulte de Vintuition dispense de la pénible nécessité de parler et rend inutiles les artifices de tout genre qui produisent contre l'erreur et les préjugés à peu près le même effet que les sonneries de cloches contre les menaces d'orage : car une telle vérité produit en l'homme une force qui barre en tous sens le chemin aux préjugés et à l'erreur qui voudraient pénétrer dans son âme; ou. tout au moins, s'ils pénètrent jusqu'à nos oreilles, grâce à l'éternel bavardage de notre espèce, elle les laisse isolés et les empêche ainsi d'avoir le même effet que sur lé commun des hommes de notre temps, dont l'imagination reçoit la vérité aussi bien que l'erreur, l'une et l'autre sans l'intermédiaire de
152 l'Éducation élémentaire
Vintuiiion^ par de simples paroles cabalistiques, ou comme par une lanterne magique.
Les herborisations et les entretiens auxquels elles ont donné lieu ont montré que toute la somme des connaissances qui nous viennent par les sens, provient de l'attention que nous portons sur la nature et de notre assiduité à rassembler et à retenir tout ce qu'elle porte à notre connaissance.
La méthode supplée a tout, même a la science. — Il suffit donc que le maître d'école apprenne la manière de se servir de la méthode pour arriver à conduire les enfants à tous les buts qu'on recherche par l'instruction. Âussin'est-il besoin pour celad'aucun bagage scientifique, mais seulementde bon sens et de pratique de la méthode.
Le principe qui commande de commencer par le plus facile et de le consolider jusqu'à la perfection avant d'aller plus loin, puis d'avancer graduellement en ajoutant toujours peu à la fois aux connaissances ainsi acquises solidement, s'il ne donne à la vérité aux enfants, au début des études, le sentiment, la conscience de la totalité de leurs forces, contribue pourtant à maintenir vivant en eux ce haut témoignage que leur force naturelle n'est pas affaiblie. On n'a plus alors qu'à les conduire sans avoir besoin de les pousser.
Auparavant, le maître était obligé de dire chaque fois qu'il voulait enseigner quelque chose : Réfléchissez donc^ vous ne vous souvenez donc pas? Il ne pouvait en être autrement. Lorsqu'il demandait par exemple : Combien y a^t'il de fois 7 dans 63? l'enfant n'ayant aucun élément sensible sur lequel il pût fonder sa réponse, était obligé de la chercher péniblement par la réflexion; aujourd'hui, avec la méthode^ il voit neuf fois sept objets devant ses yeux, et il a appris à les compter comme 9 fois 7 : il n'a donc plus besoin de réfléchir sur cette question ; d'après ce qu'il a appris, il sait très nettement ce qu'on lui demande même pour la première fois, c'est-à-dire que 7 est contenu 9 fois dans 63. Et il en est ainsi pour toutes les matières enseignées par la méthode.
Donc, avec la méthode élémentaire^ il n'y a pas lieu de faire appel à la réflexion : tout exercice doit découler de lui-même et sans efibrt de ce que l'enfant sait déjà.
On a constaté que les mots et les images présentés aux enfants par cette méthode au cours de l'enseignement de la lecture agissaient tout autrement ^ur leur âme que les phrases composées qu'on leur sert dans l'enseignement ordinaire. Ces phrases sont telles, en effet, qu'elles ne peuvent donner aux enfants, par la nature de leurs mots pris séparément, aucun sentiment intuitif, et que, dans leur ensemble, au lieu de retrouver des éléments simples et connus d'eux, ils ne voient qu'un mélange confus d'associations inintelligibles d'objets inconnus, par lesquels on les amène, en leur imposant des exercices audessus de leurs forces et en ayant recours à des artifices de toutes sortes, à pénétrer dans un ordre de pensées qui non seulement sont tout à fait étrangères à leur nature, mais leur sont aussi présentées dans une langue artificielle dont ils n'ont même pas essayé d'apprendre les éléments.
Pestalozzi condamne ce galimatias [Mischmasch] de la science scolaire de son temps. Il ne présente jamais à l'enfant, comme la nature au sauvage, qu'une seule image à la fois, puis il cherche un mot pour cette image. Ce procédé simple d'exposition ne produit en eux, à la vérité, ni jugements ni conclusions, puisque rien ne leur est présenté sous forme de doctrine ou sous forme de combinaison quelconque soit avec la vérité soit avec l'erreur; mais tout leur est simplement présenté comme objet à'intuition et comme base de jugements et de conclusions futurs ^