‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 120 sur 202 · Morf, in, p · texte numérisé non relu

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2. Excepté pendant les onze mois d'avril 1814 à mars 1815, durant lesquels Finstitut d'Yverdon subit la crise qui sera racontée plus loin. •

â^O PESTALOZZI.

Elle ne pouvait supporter le bruit et Tagitatioii qui rejouaient toujours dans l'entourage de Pestalozzi. C'est pourquoi elle avait son appartement dans la partie la plus tranquille du château et y vivait retirée; elle avait là son ménage à elle, et ne se mêlait extérieurement d'aucune des affaires de la maison : mais on la respectait comme une reine. De temps en temps, elle invitait à dîner un maître ; quelquefois aussi un élève de l'institut des garçons ou de celui des jeunes filles, ainsi que les parents des élèves qui venaient en visite, ou les étrangers que l'on voulait traiter avec distinction. Pestalozzi lui-même ne mangeait jamais à sa table que lorsqu'elle l'avait spécialement invité, ou bien, ce qui arrivait rarement, lorsqu'il lui en avait lui-même demandé la permission, ce qu'il faisait en ces termes : « Anna, veux-tu me permettre de manger aujourd'hui la soupe avec toi? ^> Mais, après le diner, que Pestalozzi partageait avec les élèves, il montait régulièrement à l'appartement de sa femme pour prendre avec elle une tasse de café; d'ordinaire, un ou deux maîtres, ou d'autres personnes à qui Pestalozzi voulait faire une politesse, y étaient aussi invités. Tous les soirs, en outre, Pestalozzi devait venir faire sa partie de cartes avec sa femme, qu'il en eût envie ou non. Quoiqu'ils eussent beaucoup d'affection l'un pour l'autre, ils ne pouvaient guère être plus de dix minutes ensemble sans commencer à se quereller; c'était sur le ton de la plaisanterie, il est vrai, mais souvent la querelle devenait sérieuse : M™« Pestalozzi reprochait à son mari de prodiguer ses bienfaits à des inconnus ou à des ingrats; et elle avait de bonnes raisons d'être mécontente de cette façon d'agir, puisqu'il avait dissipé ainsi une grande partie de la fortune de sa femme ^.

Avec M"**' Pestalozzi revint la servante Elisabeth Naf-Krusi, qui reprit, à la grande satisfaction de Pestalozzi, la direction du ménage. Le mari de Lisabeth, Mathias Kriisi, fut chargé de la seconder, et eut à remphr les fonctions de domestique de confiance *. Lisa-

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