‹ Pestalozzi, étude biographiqueChapitre 124 sur 202 · Cité par Pompée, pp · texte numérisé non relu

Cité par Pompée, pp

3. Maine de Biran fait évidemment allusion à cette disposition du décret constitutif de l'Université impériale : « 11 sera établi auprès de chaque académie, et dans l'intérieur des collèges ou des lycées, une ou plusieurs classes normales, destinées à for* mer des maîtres pour les écoles primaires. On y exposera les méthodes les plus propres à perfectionner l'art de montrer à

Malgré ces prévisions optimistes, le plan qu'avait conçu Maine de Biran ne s'exécuta pas; nous ne connaissons pas au juste la nature des obstacles qui en empêchèrent la réalisation. L'opposition du clergé y fut sans doute pour quelque chose * ; et probablement aussi les préjugés que le principal du collège semble avoir nourris contre le nouvel enseignement '. Il paraît, du reste, que Maine de Biran lui-même n'avait qu'imparfaitement compris le caractère de la méthode pestalozzienne, et ne sut pas la faire appliquer convenablement ^ Quoi qu'il en soit, la tentative inaugurée h Bergerac aboutit en définitive à un échec pour la cause du pestalozzianisme : car si l'école dirigée par Barraud put se maintenir à travers bien des vicissitudes *, elle n'eut point le caractère d'un centre de prolire, à écrire et à chiffrer. » (Art. 108.) Cet article demeura lettre morte. Seul le lycée de Strasbourg, sur l'initiative du préfet LezayMarnésia, l'ancien ami de Pestalozzi, se vit annexer des classes normales en 1811.

ï, Destutt de Tracy parle, dans une lettre à Maine de Biran, des « cancans » de certain grand-vicaire de Périgueux fort hostile à l'école nouvelle. « J'ai bien peur, ajoule-t-il, que ce ne soit un chat qu'on vous jette aux jambes. Les prêtres sont bien jaloux de ce qu'ils ne font pas eux-mêmes. » (Alexis Bertrand, La Psychologie de Veffort, p. 139.)

2. M. Pauliet, inspecteur primaire à Bergerac, qui a raconté dans la Revue pédagogique du Ij avril 1890 l'histoire de l'école diri- ;;ce par Barraud, parle des « nombreux démêlés » de celui-ci avec le principal du collège, de la « tutelle » duquel il finit par s'alfranchir en 1810, en transformant son école en établissement libre.

3. Voir ci-après la lettre de Stapfer à Pestalozzi, du 15 juillet

4. Voir, dans la Hevue pédagogique du. 15 avril 1890, l'article de M. • Pauliet : Uécole pestalozzienne de Bergerac. Cette école a subsisté jusqu'en 1881. François Barraud eut une fin qui témoigne de son dévouement à la jeunesse confiée à ses soins: il se noya dans la Dordogne, en 1830, en voulant porter secours à l'un de ses élèves que le courant entraînait. Après lui, son école fut dirigée par son fils M. Louis Barraud, puis par le gendre de celui-ci, M. Rabier.

l'institut d'yverdon : première période (1805-1810). 245

pagande et d'une pépinière d'instituteurs pestalozziens, et se réduisit au rôle de simple pensionnat à l'usage de la petite bourgeoisie.

Pestalozzi vit avec chagrin s'évanouir l'espérance qu'il avait fondée sur l'initiative de Maine de Biran, et confia sa déception à Stapfer. Celui-ci lui répondit, le 15 juillet 1809:

J'avais espéré que Maine Biran, qui n'est pas un espril ordinaire et qui a donné dans ses écrits philosophiques la preuve de sa supériorité comme penseur, saisirait mieux la méthode et saurait l'introduire à Bergerac. Mais ce que vous me dites à ce sujet a détruit entièrement mes espérances. Du professeur Develeyje n'avais jamais rien attendu. C'était de sa part une simple spéculation, qui n'avait d'autre but que d'obtenir un traitement et une place à Paris. Fourcroy ne comprend rieri à la méthode, et si lui et De Gérando ont encouragé le projet de Develey, c'est seulement par un principe général de bienveillance envers tout ce qui s'annonce comme avantageux dans le domaine de l'éducation. De Gérando est maintenant continuellement en mission, et n'a pas le temps, ni probablement le désir, de coopérer à la fondation d'une véritable école modèle dans la capitale d'après les principes de la méthode. Aussi, pour le moment, ne vois-je aucune possibilité, pas même l'ombre d'une probabilité, de Tacclimater en France *.

En avril 1822 ', Maine de Biran, rallié aux Bourbons et devenu conseiller d'État, fit un voyage en Suisse. Il visita l'établissement de Fellenberg à Hofwyl, puis celui de Pestalozzi à Yverdon. Au sujet du rigide et froid Fellenberg, il écrit dans son journal : « M. de

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