Morf, II, p
2. Nanny quitta Burgdorf en 1804 pour entrer comme maître à l'école modèle de Francfort, dirigée par le pestalozzien Grimer. Il fut plus tard instituteur à Kreuznach. (Morf, II, p. 116.)
3. M. Morf a reproduit quelques passages de l'article du journal de Gutsmuths, t. I, pp. 316-319.
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de l'intuition et l'Enseignement intuitif des rapports numériques, et montra, avec quelque exagération toutefois, ce que ces livres élémentaires avaient de défectueux. (( Je doute, dit-il au sujet du Livre des mères, qu'on puisse imaginer des procédés plus déraisonnables et plus contraires à la nature. Qui pouvait, après avoir lu le livre Comment Gertrude instruit ses enfants, attendre de Pestalozzi pareille chose? Faut-il l'attribuer à son ignorance ou à son excentricité '? » Un Suisse, le pasteur Steinmi'iller, celui-là même qui avait envoyé, en 1800, Krùsi et les enfants appenzellois à Burgdorf, se distingua entre tous par l'âpreté de ses critiques 2; il parait avoir été offusqué du succès inattendu de l'institut, et jaloux de l'appui que lui avait accordé le gouvernement helvétique (Steinmûller avait lui-même fondé à Gais en 1801 une école normale). Les attaques, du reste, ne servirent pas moins que les louanges à attirer l'attention sur l'œuvre qui s'accomplissait à Burgdorf. Les visiteurs commencèrent à affluer à l'institut; il en vint de partout, mais surtout de l'Allemagne. Les principaux furent le Prussien Soyaux (août 1802), le baron danois von Moltke (été de 1802), suivi bientôt de deux autres Danois, les instituteurs Strom et Torlitz, envoyés aux frais de leur gouvernement (février 1803); le Prussien Plamann (mai-octobre 1803); le Bavarois Mûller (été de 1803), l'inspecteur prussien Jeziorowski, envoyé par son gouvernement (août-octobre 1803); le Saxon Gruner (octobre 1803janvier 1804), et Passavant, de Detmolcl (1804). Plusieurs de ces visiteurs ont écrit et publié le récit de
1. Cité par M. Morf, t. III, p. 174. Un seul philanthropiniste, Tïapp, se prononça nettement en faveur de Pestalozzi.
2. M. Morf a consacré tout un chapitre au récit des tracasseries suscitées à Pestalozzi par Steinmiiller, t. II, pp. 245-275.
llOO PESTALOZZI,
ce qu'ils ont vu, et leur témoignage est important à consulter; signalons entre autres le livre de Soyaux, Pestalozzi, seine Lehrart und seine Anstalt, Leipzig, 1803; celui de Torlitz, Reise nach der Schweiz, Copenhague et Leipzig, 1807; celai de Gruner, Briefe ans Burgdorf uber Pestalozzi, seine Méthode und Anstalt, Hambourg, 1804; et celui de Passavant, Darstellung und Prùfung der Pestalozzi' schen Méthode nach Beobachtungen in Burgdorf, Lemgo, 1804. Mentionnons encore trois écrits de Herbart consacrés à l'examen de la méthode pestalozzienne, et publiés en 1802 et 1804. Herbart, lorsqu'il était précepteur dans la famille von Steiger, à Berne, avait visité Pestalozzi à Burgdorf en 1799; il critique dans le premier de ces écrits (Pestalozzïs Idée eines ABC der Anschauung) le choix du carré comme point de départ des exercices d'intuition, et voudrait y substituer le triangle.
En France, Lezay-Marnésia n'avait pas cessé de se montrer favorable à la nouvelle méthode. Dans l'automne de 1803, il fit venir à Paris, avec le consentement de Pestalozzi, l'Alsacien Neef, qui obtint l'autorisation d'enseigner dans un orphelinat du faubourg Saint-Marceau. Une brochure, dont Neef était l'auteur, parut quelques mois après sous ce titre : Précis de la nouvelle méthode d'éducation de M. Pestalozzi, directeur de l'institut d'éducation à Berthoud (Burgdorf), en Suisse, publié par M** de H**, suivi de quelques considérations sur cette méthode, par Amaury Duval; Paris, chez la veuve Panckoucke, an xn, 1804. Un article de la Décade, signé Petitain, annonça cette brochure et rendit compte des résultats obtenus par Neef, spécialement dans l'enseignement du calcul *.
1. Décade philosophique et littéraire, an xn, n° 25 (mai 1804). C'est Petitain qui nous apprend que l'auteur du Précis de la
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Dans le courant de 1804, un examen des élèves de l'orphelinat du faubourg Saint-Marceau eut lieu en présence du premier consul. Ici se place une intéressante anecdote rapportée par Pompée. L'Américain Mac-Lure, qui se trouvait alors à Paris, désirait vivement voir Bonaparte; il s'adressa à l'ambassadeur des États-Unis, qui le conduisit à la séance où le premier consul devait constater les résultats de Fessai fait par Neef. Pendant tout le temps que durèrent les exercices, l'attention de Mac-Lure fut entièrement absorbée par la contemplation de l'homme célèbre qu'il avait voulu connaître; il ne vit rien autre chose ; mais lorsqu'on se retira, il entendit Talleyrand dire à Bonaparte : C'est trop pour le peuple. Cette parole le frappa; il rentra dans la salle, causa avec Neef, et, après avoir entendu les explications de celui-ci, résolut de faire connaître à ses compatriotes la méthode de Pestalozzi. Sur sa demande, Neef se rendit plus tard à Philadelphie, où il fonda un institut pestalozzien *.
Bonaparte jugea sans cloute que Talleyrand avait raison, car aucun encouragement ne fut donné à ceux qui avaient essayé d'acclimater en France la méthode pestalozzienne ~.
nouvelle méthode d'éducation est Neef lui-même. Il nous apprend également que le Journal de Paris du 8 floréal an xn s'était occupé de Pestalozzi et l'avait traité de charlatan.
1. Pompée, Études sur la vie et les travaux de Pestalozzi, 2e éd., p. 198. William Mac-Lure (1763-1840), qui s'illustra comme géologue, avait été chargé en 1803, avec d'autres commissaires des États-Unis, d'une mission diplomatique auprès du gouvernement français, et séjourna plusieurs années en Europe. Il y revint en 1819, et chercha à fonder en Espagne un collège agricole. Plus tard il fit une tentative analogue dans la colonie de New Harmony (Indiana), où Robert Owen essaya, de 1825 à 1827, la réalisation de ses idées. Après l'insuccès de l'expérience de New Harmony, Mac-Lure alla finir ses jours au Mexique.