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d'une emphase naïve, l'idée à la réalisation de laquelle il devait consacrer sa vie :
Amie, je me réjouis que vous ayez jugé comme moi que la ville n'est pas le lieu où puisse être réalisée une éducation selon nos vues. Ma chaumière sera éloignée de ce réceptacle de vices et de misère. Dans cette chaumière solitaire, je pourrai mieux travailler pour la patrie que dans le tumulte de la ville. Lorsque je serai installé à la campagne, si je rencontre le fils d'un concitoyen, qui promette une belle âme et qui n'ait pas de pain, je le conduirai par la main et je relèverai pour en faire un citoyen ; il travaillera, il aura pour nourriture du pain et du lait, et il sera heureux. Et si un jeune homme fait une noble action et attire par là sur lui la haine de sa famille, il trouvera auprès de moi du pain, tant que j'en aurai. Oui, c'est avec plaisir, amie, que je boirai de l'eau afin de pouvoir donner du lait à l'homme vertueux que j'aurai ainsi secouru. Vous serez contente de moi, alors, en me voyant me contenter d'eau pour tout breuvage. Sérieusement, mon amie, afin de pouvoir venir en aide à nos concitoyens, nous réduirons nos propres besoins autant que le permettront les convenances et le bon
Pestalozzi et Anna Schulthess se fiancèrent secrètement le 26 août 1767; et, d'accord avec sa fiancée, le jeune étudiant résolut de se faire agriculteur. C'était là encore une application des principes de Rnusseau. Un jeune Zuricois, Jean Schulthess 2, qui était allé visiter Jean-Jacques à Môtiers 3 au commencement de 1765, avait recueilli de la bouche du philosophe un éloge enthousiaste de la vie des champs : « Dans le