Alexis Bertrand, La Psychologie de V effort, p
2. Bibliothèque universelle et Revue suisse, avril 1890, pp. 93-94. Ces lettres de Pestalozzi sont écrites en français.
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gerac et auquel celui-ci avait aussi communiqué son projet, s'était montré quelque peu sceptique à l'égard du pestalozzianisme. Il écrit à Maine de Biran qu'il soupçonne la nouvelle méthode de n'être pas encore « bien débrouillée » dans la tête de son auteur. Il entrevoit, dit-il, qu'il y a là une idée fondamentale importante, mais il est d'avis que cette méthode ne donnera tout ce qu'elle promet que ce pour l'instruction de ceux qui sont condamnés à n'en avoir qu'une très bornée ». Veut-on aller plus loin et devenir un vrai savant on. même simplement un homme instruit, il est porté à croire qu'elle devient inutile et peut-être nuisible, ce J'attendrai l'éclaircissement de mon cloute des travaux du seul de ses coopérateurs qui soit vraiment savant; il s'appelle, je crois, Moralt \. y>
On n'a pas la lettre qu'a dû écrire Stapfer à Pestalozzi en août 1807, mais on en possède une autre datée du 3 mars 1808 \ Il y est question de Maine de Biran, d'une école pestalozzienne qu'on projetait de créer à Paris, et du prince de la Paix. Nous en traduisons les passages relatifs à ces objets.
Je ne sais si c'est vous ou moi qui avons tenu la plume en dernier lieu dans notre correspondance, qui m'est d*un si grand prix. Je suis certain toutefois de n'avoir pas reçu de réponse à deux lettres qui ont dû vous être remises de ma part ou envoyées par M. Desgranges, directeur du collège de Bergerac, et par mon neveu de Lancy : je dis remises ou envoyées, car ni l'un ni l'autre n'était assuré de pouvoir visiter Yverdon...
1. Lettre du' 7 août 1807, citée par M. Alexis Bertrand, La Psychologie de Veff'ort, p. 138, C'est de Murait que Destutt de Tracy veut parler.
2. Les lettres de Stapfer à Peslalozzi sont conservées à la bibliothèque de la ville de Zurich. Elles ont été publiées dans les Pestalozzi-Blatter, 1889, pp. 27-33.
Pendant mon dernier séjour à Paris *, mon ami De Gérando m'a raconté les négociations qui ont eu lieu entre Fourcroy 2 et lui au sujet des encouragements et de la dotation convenable à accorder à la succursale de votre institut sous la direction de Develey3.Le choix des aides de Develey est-il déjà arrêté? On espérait à Paris que M. de Murait serait l'un d'eux 4. J'ai à vous demander encore si vous avez fait droit à la prière du sous-préfet de Bergerac, M. Maine Biran, et si vous avez eu la complaisance de lui procurer un maître pour son collège nouvellement fondé. Maine Biran est un excellent homme et tiendra certainement ce qu'il a promis. L'estime qu'il accorde à la méthode est, si l'on considère la valeur intrinsèque de son suffrage, bien plus honorable pour vous que celle du prince de la Paix, qui probablement, en dépit des belles phrases de sa lettre, d'ailleurs fort intéressante, ne protège la méthode que par vanité. Cette protection, toutefois, doit être la bienvenue : la Providence se sert des passions et des faiblesses des grands pour réaliser ses plus bienfaisants desseins.
Plusieurs écrits de Maine Biran ont été couronnés par l'Institut national; on l'estime beaucoup comme administrateur , et ses ouvrages philosophiques se distinguent, parmi les productions françaises, par la profondeur, l'originalité et l'amour de la vérité.
1. Stapfer résidait ordinairement à sa campagne de Bel- Air, près de Montfort-l'Âmaury (Seine-et-Oise).
2. Fourcroy était alors directeur général de l'instruction publique. Il avait succédé dans ces fonctions à Rœderer en 1802, et il les conserva jusqu'en 1808, époque de la création de l'Université impériale.
3. Zur Begùnstigung und anstàndiger Àusstattung der Filiale Ihres Instituts unter Develeys Aussicht. Il s'agit sans doute de M. Hermann Develey, ecclésiastique protestant (mentionné par M.-A. Jullien dans son Exposé de la méthode d'éducation de Pestalozzi, t. I, p. 220), frère du Dr Develey, qui était le médecin habituel de l'institut d'Yverdon. Il sera encore question de lui à la page suivante.
4. Cette mention de Murait explique probablement pourquoi son nom s'était trouvé également sous la plume de Destutt de Tracv.
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Barraud se rendit à Bergerac dans le courant de 1808, et l'école pestalozzienne s'ouvrit aussitôt sous sa direction. Les résultats obtenus paraissent avoir satisfait Maine de Biran. Dans un discours sur Gall et les localisations cérébrales, prononcé en 1808 à la Société médicale, il fait l'éloge du Livre des mères et loue Pestalozzi d'avoir voulu « commencer le développement des facultés d'instruction et de raison de l'enfance par l'analyse descriptive de l'objet le plus près de nous et aussi le, plus intéressant à connaître : le corps humain 1 ». La création de l'Université avait donné au sous-préfet de Bergerac l'espoir que son projet d'école normale recevrait l'appui du gouvernement. Dans un discours public, prononcé probablement en 1808 2, il s'exprime ainsi à ce sujet :
Nos méthodes nouvelles... tendent surtout à développer également pour tous cette faculté de raison nécessaire à toutes les conditions, applicable à tous les états, à tous les besoins de la vie humaine. Tel devait être surtout le résultat final de cette institution primaire dirigée d'après les principes de Pestalozzi, que nous avions proposé de rendre normale dans le projet imprimé, adressé à tous les pères de famille de cet arrondissement. Mon désir eût été de la voir se propager parmi le peuple des campagnes et dans toutes les classes de la société, au moyen d'instituteurs choisis et formés dans cette école. Félicitons-nous que cette idée de bien public aille si heureusement se rallier aux voies bienfaisantes et élevées qui ont dicté le décret d'organisation de l'Université impériale 3.
1. Cité par M. Alexis Bertrand, La Psychologie de l'effort, p. 138.