Alexis Bertrand, La Psychologie de l'effort, p
2. Bibliothèque universelle et Revue suisse, avril 1890, p. 96.
l'institut d'yverdon : première période (1805-1810). 247
de l'école en furent retirés par leurs parents, et à la fin de 1806 l'établissement dut être fermé. Torlitz, dans son ouvrage publié en 1807, déclara lui-même qu'après avoir, au début, cru en l'efficacité toute-puissante de la méthode, il était devenu sceptique, et n'avait pu se dissimuler que l'insuccès était clû à la monotonie insupportable d'un enseignement qui transforme maîtres et élèves en machines sans pensée et volonté. « Torlitz et Strôm, dit à ce sujet M. Morf, n'avaient saisi que l'extérieur de la méthode pestalozzienne et n'en avaient pas pénétré l'esprit : ils n'y avaient vu que des tableaux et des formes, et leur enseignement ne fut qu'une reproduction inintelligente de ce qu'ils avaient mécaniquement retenu. Le livre Comment Gertrude instruit ses enfants eût dû leur faire comprendre en quoi le pestalozzianisme consiste. Mais au lieu d'en rechercher l'esprit et d'en extraire le principe- vivifiant, ils s'attachèrent à la lettre, qui tue ?■: »
Il y eut aussi un essai tenté en Suède, en 1804, par un instituteur nommé Viereck, dont le nom est mentionné dans une lettre de Strôm à Krùsi et dans une lettre de Pestalozzi à Strôm 2. Nous ne possédons pas de détails à ce sujet.
En Allemagne, parmi ceux qui avaient fait le pèlerinage de Burgdorf, il se trouva deux hommes qui, à leur retour, devinrent les zélés apôtres de la méthode, non pas en théorie, mais en pratique, et qui montrèrent les aptitudes de véritables pédagogues : ce furent Plamann et Gruner. Plamann obtint du gouvernement