‹ PestalozziChapitre 126 sur 201 · Ibid., pp. 223 et · texte numérisé non relu

Ibid., pp. 223 et

prussien la permission d'ouvrir une école à Berlin; divers obstacles l'obligèrent à différer pendant deux ans la réalisation de son projet, mais l'école put s'ouvrir à la fin de 1805, et ne tarda pas à prospérer. Elle jouit d'une véritable vogue, une fois que l'administration prussienne se fut déclarée en faveur de Pestalozzi (à partir de 1808) ; Plamann en conserva la direction jusqu'en 1830; à cette époque, l'état de sa santé l'obligea de fermer son établissement. Gruner, formé à l'école de Trapp et de Salzmann, était venu à Burgdorf dans la pensée « d'y constater par ses yeux le néant de la prétendue méthode pestalozzienne » ; mais, au bout de quelques jours, captivé par ce qu'il avait vu et entendu, « il rougit du dessein qui l'avait amené » et, d'adversaire devenu admirateur, il demeura quatre mois auprès de Pestalozzi. Bentré en Allemagne, il publia ses Briefe aus Burgdorf, et reçut, en 1805, la direction d'une école modèle qui s'ouvrit à Francfort. Il y eut pour collaborateurs Nanny, l'un des maîtres de l'institut de Burgdorf, et, pendant quelques mois, Frœbel, alors tout jeune, et qui faisait ses débuts dans l'enseignement. En 1810, Gruner quitta l'école modèle pour devenir professeur au gymnase de Gobourg; mais Francfort, grâce à l'impulsion qu'il avait donnée, demeura un des foyers du pestalozzianisme en Allemagne. C'est de là que partirent pour Yverdon Frœbel, Mieg, Bitter.

Les gouvernements allemands allaient, à leur tour, témoigner un vif intérêt pour cette méthode de Pestalozzi dont on commençait à prôner la merveilleuse puissance. Déjà, en 1803, sur la proposition du président du cercle de Passau, M. de Fraunberg, la Bavière avait envoyé à Burgdorf un jeune éducateur, F.-J. Millier, qui, à son retour, ouvrit une école pestalozzienne

l'institut d'yverdon : première période (1805-1810). 249

à Mayence *-* Le ministre libéral Montgelas, qui donnait tous ses soins à l'instruction publique, entra en correspondance avec Pestalozzi, auquel il témoigna beaucoup d'estime : il lui confia même l'éducation de ses fils 2, et plus tard il accueillit Schmid avec bienveillance, lorsque celui-ci, en 1810, vint résider en Bavière. Un fonctionnaire prussien, l'inspecteur Jeziorowski, était venu à Burgdorf en 1803 de la part du gouvernement de la Prusse méridionale; et, à la suite du rapport fait par lui, une communication officielle annonça à Pestalozzi que, dans la mesure du possible, on s'efforcerait d'introduire les principes essentiels de sa méthode dans les écoles de la Prusse méridionale, et que les séminaires d'instituteurs, dont la création était projetée, auraient à former des maîtres capables de l'appliquer entièrement. Cependant ce ne fut qu'après Iéna que la Prusse entra résolument dans la voie d'une réforme scolaire. Fichte avait désigné Pestalozzi à l'attention publique 3 : il l'avait signalé comme l'homme de génie qui, faisant sortir l'éducation des voies de la routine et de l'empirisme, l'avait transformée en un art fondé sur des lois philosophiques et conduisant à des résultats certains \ Nicolovius '%

Page 1