Pompée, p
3. Dans ses Discours à la nation allemande, prononcés à Berlin dans l'hiver de 1807 à 1808.
4. On lit dans une lettre de Fichte à sa femme, du 3 juin 1807 : « Si tu peux te procurer le livre de Pestalozzi, Comment Gerft'ude instruit ses enfants, et son plus récent ouvrage publié cette année même chez Grâff à Leipzig, lis-les. J'étudie en ce moment le système d'éducation de cet homme, et j'y trouve le véritable remède pour l'humanité malade, ainsi que le seul moyen de la rendre apte à la compréhension de ma philosophie. » (Fichte's Leben und Briefwechsel, t. I, p. 496.)
o. Sur Nicolovius, voir plus haut, p. 42, h. 1.
qui avait alors le rang de conseiller de consistoire, décida le ministre des affaires ecclésiastiques, Schrôtter, à faire auprès de Pestalozzi une démarche décisive. En septembre 4808, Pestalozzi reçut, en effet, du ministère prussien une communication lui annonçant la résolution qui venait d'être prise de transformer les écoles primaires de la Prusse d'après les principes pestalozziens, et, à cet effet, d'envoyer à Yverdon quatre jeunes hommes, pour qu'ils pussent « y puiser directement à la source la plus pure de la nouvelle méthode d'éducation, destinée à régénérer et à ennoblir l'esprit populaire ». A la missive officielle était jointe une lettre de Nicolovius, que nous traduisons :
Enfin, mon vieil et respectable ami jamais oublié, j'ai la joie de voir quelques rayons de ta lumière dirigés sur ma lointaine patrie. Ce que j'avais rêvé à tes côtés à Neuhof, ce dont nous nous étions entretenus dans tant de lettres, va se réaliser sous la pression de la toute-puissante nécessité. Ici aussi, le passage de l'ouragan a tout détruit, et des hommes courageux entreprennent de reconstruire , en s'efforçant de rendre le nouvel édifice meilleur que n'était l'ancien. Tu reçois "ci-joint une lettre du nouveau chef du ministère des affaires ecclésiastiques. Réponds sans tarder, et dis-lui tout ce que tu croiras convenable et utile. Tu trouveras des oreilles prêtes à t'entendre et des mains prêtes à agir.
Viens à notre aide avec bienveillance. L'œuvre que tu fonderas ici, nous l'entourerons d'une pieuse sollicitude; le grain de semence deviendra un arbre, dont l'ombre abritera tout un peuple.
Je continue à vivre dans le culte fidèle de ton amitié. Tous tes écrits sont pour moi autant de lettres à mon adresse, et l'exemple viril de ta vie est une force pour la mienne. Ta connaissance m'est chose sainte, et l'impression des jours que j'ai vécus avec toi — malgré les années qui se sont écoulées depuis — continue à m'être présente, ainsi qu'un pieux pèlerinage sanctifie la vie entière d'un croyant.
l'institut d'yverdon : première période (1805-1810). 251
Si tu as sur le cœur, en ce qui nous concerne, quelque chose que tu ne désires pas écrire au ministre, écris-lemoi. C'est ma vocation, que je trouve bien belle, c'est mon devoir officiel, que de coopérer à la réforme entreprise. Vis longtemps encore, pour achever ton œuvre. Bien des joies inespérées m'ont été données dans la vie; peut-être aurai-je aussi celle de te voir un jour dans ton établissement.
Ton Nicolovius, Kônigsberg, le 19 septembre 1808 *.
Pestalozzi répondit aussitôt à Nicolovins (29 septembre) en se félicitant d'un rapprochement qui allait faire revivre leurs relations d'autrefois 2. Il écrivit encore une autre lettre (29 novembre), que nous n'avons pas. Dans l'intervalle, un important changement administratif avait eu lieu en Prusse. L'instruction publique avait été détachée du département des affaires ecclésiastiques et « laïcisée » en quelque sorte, c'est-à-dire rattachée au département de l'intérieur, dont elle forma la troisième section. A la tête de cette section fut placé Guillaume de Humboldt, secondé par deux directeurs : l'un fut Nicolovius, élevé au rang de conseiller d'État, l'autre Sùvern. Le 13 février 1809, Nicolovius écrit à Pestalozzi :
Ta lettre du 29 novembre n'est arrivée entre mes mains que ces jours-ci; je me sens enthousiasmé et plein de joie à la pensée que tu vis encore dans ta force d'autrefois, que tu jettes sur les souffrances du passé un regard reconnaissant, et que l'avenir s'ouvre superbe devant toi. Oui, mon vieil et respectable ami, toi aussi tu as passé par la souffrance pour arriver au triomphe... Je te réponds sur-le-champ, afin que tu saches que, depuis ma dernière lettre, j'ai été promu au rang de conseiller d'État, et que, par là, je me trouve en