Protocole de la Diète, du 22 juin
l'institut d'yverdon : première période (1805-1810). 269
Selon un récit publié plus tard par Niederer, cette demande d'enquête officielle émana de l'initiative personnelle de Pestalozzi *. D'après Pestalozzi lui-même, au contraire 2, l'idée vint de Niederer et de ceux qui partageaient son enthousiasme; Schmid seul s'y opposa, parce qu'il ne se faisait pas d'illusion sur la véritable situation de l'institut et sur la valeur de l'enseignement qui s'y donnait; mais son avis ne prévalut pas.
La Diète accueillit la demande de Pestalozzi. Le landamman d'Affry désigna trois commissaires pour aller examiner l'institut d'Yverdon et sa méthode : ce furent Abel Mérian, membre du Petit Conseil du canton de Bâle; le Père Girard, alors directeur des écoles de la ville de Fribourg ; et Frédéric Trechsel, professeur de mathématiques à Berne.
Peu de jours avant que les commissaires de la Diète se rendissent à Yverclon pour y remplir leur mission, Karl von Piaumer, le futur auteur de YHistoire de la pédagogie, âgé alors de vingt-six ans, arrivait dans cette ville (octobre 1809). Il poursuivait ses études de sciences à Paris, lorsqu'il lut les Discours à la nation allemande de Fichte; cette lecture éveilla en lui le désir de concourir à la régénération de son peuple par l'application de la méthode d'éducation de Pestalozzi. Accompagné d'un de ses amis, Przystanowski, il partit pour Yverclon, amenant avec lui un enfant de huit ans, Fritz Reichardt, le frère de sa fiancée, qu'il voulait faire élever dans l'institut pestalozzien. Il a consigné plus tard, dans une page de son Histoire de la pédagogie, les impressions de sa première entrevue avec Pestalozzi et ses principaux collaborateurs :
1. «Dièse Anregung geschah auf Pestalozzi's rastlosen persôn lichen Antrieb. » (Pestalozzis'che Blatter, t. I, p. 193.)