‹ PestalozziChapitre 155 sur 201 · Meine Lebensschicksale, p · texte numérisé non relu

Meine Lebensschicksale, p

2. Voici la lettre de Kriisi à Pestalozzi (16 février 1816) : « Père! Les temps sont passés où je pouvais jouir du bienfait de ta présence. Il faut que je quitte ton établissement, tel qu'il est actuellement organisé et dirigé, si je ne veux pas perdre toujours plus le courage et la force de vivre pour toi et ton œuvre. Je désire que mes obligations envers l'institut prennent fin à l'expiration du mois prochain. Je rends grâce à Dieu de tout ce que tu as été pour moi et de ce que j'ai pu être pour toi. Pour ce en quoi j'ai manqué, je demande pardon à Dieu et à toi. Krusi. » Pestalozzi répondit : « Cher Krùsi, je vois avec chagrin finir des relations que j'eusse vu avec plaisir durer jusqu'à mon dernier jour, si cela eût dépendu de moi; mais cela n'a pas pu être, et j'accepte ta déclaration dans les mêmes sentimeuts que j'ai toujours eus pour toi, priant Dieu qu'il veuille améliorer ma situation aussi au point de vue économique, et me. mettre ainsi en état de te prouver combien m'est précieux le lien qui nous a si longtemps unis. Salue ta chère femme, embrasse ton enfant

l'institut d yverdon : deuxième période (1810-1811). 325

L'institut avait conservé, avec Schmid, quelques bons maîtres, entre autres Boniface, Stern, Knusert, Hagnauer. Nabholz, que Pestalozzi ne cessait de presser de venir à Yverdon, avait obtenu enfin l'autorisation d'abandonner la cure de Waldkirch, et annonçait son arrivée pour l'automne. Niederer, bien qu'il eût pris parti contre Schmid pour Blochmann et les protestataires, continuait à exercer ses fonctions de maître de religion. A la suite des incidents du mois de février, une longue correspondance avait été échangée entre Pestalozzi et lui; cette correspondance, publiée par M. Morf *, éclaire la situation et dévoile chez Niederer, raidi dans ses idées systématiques et aveuglé par ses antipathies, une véritable dureté de cœur. Il avait éprouvé une cruelle déception en voyant que son projet de « triumvirat » ne s'était pas réalisé. Dans ce ce triumvirat », Pestalozzi, naturellement, ne devait avoir qu'un rôle tout passif; Niederer eût été l'inspirateur au service duquel Schmid aurait mis ses aptitudes pratiques, comme agent d'exécution. Or, il s'était trouvé que Pestalozzi avait entendu redevenir seul maître dans sa maison, et que Schmid, le voyant dans cette disposition, s'était rappelé ce qu'il était venu pour Pestalozzi et non pour Niederer ». Il faut citer ici les propres paroles de Schmid :

Pestalozzi voulut garder l'institut entièrement entre ses mains, et refusa d'accorder à Niederer et à sa femme aucune part d'influence dans la direction de l'établissement. Il déclara que son intention était de continuer à diriger l'institut comme par le passé, mais en toute indépendance et avec mon aide; ajoutant que, si je lui refusais mon con-

et crois-moi pour toujours ton fidèle ami, Pestalozzi. » (Morf, IV, p. 501.)

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