Schmid, Fellenberg's Klage, p
un jour; dans cette entrevue, Schmid fit comprendre à son ami qu'il devait se tenir en garde, et il fut convenu qu'il ne prolongerait pas davantage son séjour à Diemerswyl. Pestalozzi se rendit donc à Hofwyl afin de prendre congé. Mais quand Fellenberg apprit que Pestalozzi allait le quitter, il insista pour lui faire signer, avant son départ, une convention relative à l'association projetée. Le faible Pestalozzi, après avoir refusé d'abord, se laissa faire une véritable violence morale l : il signa (18 octobre) un contrat en 18 articles, avec cette réserve, toutefois, qu'il aurait la faculté de le résilier après un essai de dix-huit mois; puis il repartit pour Yverdon. Aussitôt arrivé, il confessa sa faiblesse à Schmid : « Pour pouvoir quitter Hofwyl, lui dit -il, il m'a fallu signer; Fellenberg croit maintenant me tenir dans son piège, mais il se trompe, tu me sauveras encore une fois 2 ». La convention disait, en substance, que le produit de la souscription aux œuvres de Pestalozzi serait entièrement consacré à la fondation d'une école de pauvres, à placer dans une localité non encore désignée; qu'une commission administrative serait nommée pour veiller à l'emploi de ce capital; qu'un directeur choisi d'un commun accord par Pestalozzi et Fellenberg serait mis à la tête de l'institut d'Yverdon ; que le choix des maîtres de l'institut serait soumis à la ratification de Fellenberg; que Schmid, aussitôt que l'institut d'Yverdon pourrait se passer de ses services, deviendrait le directeur de l'école de pauvres à fonder; que le mobilier de l'institut serait évalué, et que la valeur en serait remboursée à Pestalozzi en trois payements échelonnés sur un espace de