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M. AMÉDÉE GUILLEMIN

Chaque volume in 16, broché, avec figures, 1 fr. 25

Le xixe siècle, on l'a dit souvent, est par excellence le siècle de la science, mais surtout de la science pratique Le jour où les savants, élargissant le domaine de leurs recherches, ne se sont plus confinés dans la spéculation pure, il s'est produit pacifiquement et sans secousse une révolution dont les conséquences ont véritablement modifié les conditions de la vie humaine. Et de même qu'il appartient aux économistes de faire connaître les effets de cette révolution, de même il appartient aux vulgarisateurs d'en exposer les causes premières, c'est-à-dire de raconter les conquêtes scientifiques grâce auxquelles nous pouvons franchir en peu de temps les plus grandes distances, communiquer par un simple fil d'une extrémité de la terre à l'autre, prévoir le vent, la pluie et les tempêtes, nous procurer, à des prix inconnus de nos ancêtres, les objets fabriqués par des machines dont la puissance le dispute à la précision.

Vulgariser est toujours une œuvre difficile. L'auteur a en effet un double écueil à redouter : s'il est trop bref, il n'explique rien et manque son but ; s'il s'égare dans le détail, il ne réussit qu'à rebuter le lecteur insuffisamment préparé. Il ne nous coûte pas de déclarer que M. Amédée Guillemin a su se garder

Avril 1890.

de l'un et de l'autre de ces excès dans la Petite Encyclopédie populaire dont il a entrepris la publication à la librairie Hachette. Un rapide coup d'œil jeté sur les 15 volumes dont se. compose déjà la collection nous permettra de comprendre exactement le but de M. Guillemin et la méthode qu'il emploie pour l'atteindre.

Quand on n'écrit pas pour les savants, la description des phénomènes doit avoir une importance égale à celle de leur explication théorique. Ayant à étudier le Feu souterrain, M. Guillemin expose assurément la structure des volcans et les lois des tremblements de terre, mais il décrit avec non moins de détails la catastrophe d'Ischia, l'éruption du Krakatoa, en un mot toutes ces convulsions de la nature, dont l'horreur grandiose éveille en nous le désir d'en connaître la raison ; et il les décrit dans une langue sobre, claire, imagée, qui en rend la lecture profondément attachante.

Ces qualités de forme qui, hâtons-nous de le dire, ne nuisent en rien à la solidité du fond, nous les retrouvons dans les divers volumes de la Petite Encyclopédie populaire consacrés aux phénomènes astronomiques. 11 faut être bien insensible aux beautés de la nature pour contempler sans émotion cette voûte infinie qu'illumiuent les étoiles, le soleil, les planètes, les comètes vagabondes; il faut aussi être bien peu curieux pour ne pas demander à la science ce que les observations et les calculs lui ont appris sur la constitution des corps célestes, sur leurs mouvements, sur les ondes qui sillonnent en tous sens la mer aérienne, portant avec elles la lumière, la chaleur, les conditions nécessaires du mouvement et de la vie. L'ouvrage de M. Guillemin sur les Etoiles est une excellente introduction à l'étude de l'astronomie sidérale ; il permet au lecteur de comprendre sans effort les volumes qui le complètent et qui sont consacrés à la Lune, au Soleil, aux Nébuleuses, aux Comètes et aux Etoiles fiUntcs.

Dans l'ordre des sciences physiques, M. Guillemin n'est ni moins instructif ni moins agréable à lire. La matière est vaste, mais une encyclopédie a le devoir de tout embrasser. Voulezvous pénétrer le mystère de la transmission rapide de la pensée et de la parole, ou, en d'autres termes, savoir le fonctionnement de ces appareils qui transmettent les dépêches écrites ou les vibrations sonores avec la rapidité de la foudre? Lisez le Télégraphe et le Téléphone. Et si vous tenez à connaître les principes de physique dont ces merveilleuses inventions ne sont que l'application pratique, prenez (toujours dans la Petite Encyclopédie populaire) les volumes si clairs et si substantiels consacrés à Y Electricité et au Magnétisme.

Mais avant le triomphe de l'électricité, nous avons eu celui de la vapeur : avant Edison, Papin et Fulton. De là l'intérêt qui s'attache à l'étude des Machines à vapeur, qui ont si radicalement transformé l'industrie en décuplant la puissance productrice de l'homme, en facilitant les communications et les échanges, en augmentant dans des proportions considérables le bien-être de tous.

Nous venons de dire que l'utilisation de la vapeur a rendu les communications plus fréquentes et plus rapides. Il convient d'ajouter que ces immenses paquebots, ces maisons flottantes qui parcourent régulièrement les routes maritimes du globe, ont trouvé un puissant auxiliaire dans la météorologie, qui leur a appris à prévoir le temps et à se garer des tempêtes. Le livre de M. Guillemin, intitulé le Beau et le Mauvais temps, contient sur cette curieuse question les renseignements les plus circonstanciés.

Quand nous aurons signalé le Son, la Lumière et, les Couleurs, les Météores électriques et optiques, nous aurons terminé notre revue des ouvrages qui composent jusqu'à ce jour la Petite Encyclopédie populaire. Nous serions heureux d'avoir contribué à appeler l'attention sur une collection qui se re-

commande autant par ?a bonne exécution typographique et

son abondante illustration que par son intérêt, nous pourrions

dire son utilité.

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