‹ PestalozziChapitre 46 sur 201 · Lettre du 25 mai · texte numérisé non relu

Lettre du 25 mai

A la lecture de cette lettre, Pestalozzi prend feu ; il rédige aussitôt 1 une longue épître où il s'efforce de prouver au ministre le peu de solidité de ses objections; en même temps, il annonce de nouveau son projet de faire le voyage de Vienne. Il informe Zinzendorf de la bienveillance que lui témoigne Léopolcl de Toscane :

S. A. R. le grand -duc de Florence a daigné accueillir mon livre avec tant de faveur qu'elle m'a donné, par l'intermédiaire du comte de Hohenwart, la permission de lui écrire directement sur tout ce qui concerne l'éducation du peuple et l'amélioration de sa condition; et j'ai effectivement commencé à le faire il y a quelques semaines.

Le passage le plus intéressant de la lettre est relatif au jugement porté sur le dernier volume de Léonard et Gertrude par les concitoyens de l'auteur :

Dans mon pays, dit-il, quelques hommes d'affaires et quelques magistrats ont accordé des éloges à ma quatrième partie; le commun des lecteurs l'a trouvée ennuyeuse à partir de la page 164 (la page où commence la «législation d'Arner ») ; la plupart de nos savants jugent ma philosophie fausse, parce qu'elle ne ressemble pas à la leur; quelques-uns d'entre eux l'appellent « grossière » et la qualifient de « philosophie de caporal » ; beaucoup de bons citoyens suisses, qui rêvent de liberté et ne connaissent pas le peuple, trouvent Arner et ses principes despotiques ; dans notre clergé, aucun des deux partis, ni le philosophique ni l'orthodoxe, n'est tout à fait content de moi; et les amis de la routine disent que je rêve.

Lorsqu'en 1790 Léopold de Toscane succéda à son frère Joseph sur le trône impérial, Pestalozzi s'adressa de nouveau à Zinzendorf :

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