janvier
Sa Majesté avait daigné, à Florence, me permettre de lui écrire directement; mais je pense que, dans les circonstances actuelles, j'aurais tort d'oser le faire. Néanmoins j'ai l'intention, aussitôt que mon travail de revision de Léonard et Gertrude sera terminé, d'envoyer à Sa Majesté un mémoire sur l'union de l'éducation professionnelle et de l'école. Votre Excellence me permettra peut-être de le lui faire parvenir *.
Un mois plus tard, autre lettre où il dit :
La Providence aura rempli à ma plus complète satisfaction le vœu de mon cœur, de pouvoir soumettre à un examen décisif quelques idées sur l'éducation du peuple qui m'occupent depuis vingt ans, si Sa Majesté et Votre Excellence les jugent dignes de quelque attention 2.
Le c28 août, il envoie le mémoire annoncé* et cette fois, abandonnant les voies détournées et les allusions indirectes, il se décide à faire une demande formelle d'emploi :
Je ne crois pas devoir cacher à Votre Excellence, à propos de la question traitée dans mon mémoire, que je serais heureux d'être admis à offrir à Sa Majesté mes faibles services...
Zinzendorf ne répondit rien. La correspondance entre Pestalozzi et lui s'arrête là, sans qu'on sache au juste pour quel motif.
A ce moment, Pestalozzi travaillait à une refonte complète de Léonard et Gertrude, qui parut à Zurich, chez Ziegler, en trois volumes, de 1790 à 1792. Dans cette nouvelle édition cle son roman, l'auteur voulut donner plus d'unité aux diverses parties du livre, en préparant dès le premier volume l'entrée en scène des