‹ PestalozziChapitre 48 sur 201 · Lettre du 19 juin · texte numérisé non relu

Lettre du 19 juin

■2. Loltre du L9 juillet 1790.

personnages nouveaux qui figurent dans la troisième et la quatrième partie ; il abrégea les deux premières parties, qu'il condensa en un seul volume. Mais l'œuvre a plutôt perdu que gagné à ces remaniements. Cette édition, bien que sous le rapport matériel elle fût supérieure à la précédente (elle est ornée de vignettes assez soignées), n'obtint qu'un médiocre succès. Cela n'a d'ailleurs rien de surprenant : l'attention publique était occupée ailleurs.

Les années 1790 et 1791 avaient amené un changement dans la vie domestique de Pestalozzi. Son fils Jacques était revenu à Neuhof en 1790; il avait vingt ans : ses parents songeaient à l'établir. D'après la version d'Emmanuel Frôhlich *, Pestalozzi emprunta à cet effet à son ami Battier une somme de 5000 florins en échange de laquelle il hypothéqua ce qui restait de disponible de la propriété de Neuhof, en se réservant sa vie durant la jouissance de la maison, du jardin et d'un peu de terre ; ce fut le négociant Dolder qui servit d'intermédiaire pour cette négociation. Huber mentionne de son côté un acte, en date du 14 octobre 1790, par lequel Pestalozzi cède à son fils mineur Jacques, représenté en cette circonstance par J.-Pt. Dolder, de Wildegg, la propriété de Neuhof, contre la somme de 6000 neuthalers ou de 16 000 florins de Berne -. Mais Jacques, quoiqu'il eût fait l'apprentissage du commerce, avait peu de goût pour les affaires; il préféra rester à Neuhof, sans profession, et vivant dans la maison paternelle. L'année suivante, il épousa Anne- Madeleine Frôhlich, de Brugg, la fille du propriétaire

\. Pâdagogische Blàtter de Kehr, 1881. p. 110. 2. Pesta hzzi-BI a lier. 1882, |>. 92.

de la maison de Mùligen où Pestalozzi avait habité en 1768. Une maladie sur la nature de -laquelle on n'est pas bien fixé l'empêcha bientôt de se livrer à un travail régulier; au bout de quelques années, sa santé se délabra tout à fait, et il devint paralytique. Il devait mourir en 1801, laissant deux enfants en bas âge, une fille, Marianne, qui ne lui survécut que quelques mois, et un fils, Gottlieb.

En 1791, Pestalozzi, se trouvant à Zurich, rencontra un jeune voyageur prussien, Nicolovius *, qui ressentait une vive admiration pour l'auteur de Léonard et Gertrude et avait désiré faire sa connaissance. Ils se lièrent d'amitié et restèrent en correspondance. Nicolovius, qui avait passé quelques jours à Neuhof sur l'invitation de Pestalozzi, a écrit plus tard (1804) le récit de sa visite dans une esquisse de la biographie de son ami, que nous avons déjà citée.

Dans l'été de 1792, Pestalozzi put enfin mettre à exécution son projet de voyage en Allemagne, formé depuis plusieurs années. Il se rendit à Leipzig chez sa sœur, mariée, comme nous l'avons dit, au négociant Grosse, puis il visita Weimar et quelques autres villes; il fit la connaissance personnelle de Gœthe, de Wieland, de Herder, de Klopstock; mais il n'alla pas à Tienne : Léopold venait de mourir. Ce voyage ne parait pas avoir eu l'importance que Pestalozzi s'était plu à lui attribuer à l'avance : il ne servit guère qu'à lui faire constater l'indifférence ou le mauvais vouloir avec lesquels on accueillait, dans les pays germaniques, des idées comme les siennes. L'attitude que les souverains de l'Europe avaient prise à l'égard de la Révolution française qui commençait ne permettait plus d'illusions.

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