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pour les droits naturels qu'il ne peut exercer? y trouve-t-il l'instruction et les moyens nécessaires pour s'assurer une existence humaine? — je suis obligé de répondre : Notre siècle si éclairé ne reconnaît pas ce principe. Plus les lumières se répandent, et moins les États se préoccupent de la solution de tels problèmes. Nos législations se sont élevées à des hauteurs si sublimes qu'il leur est impossible de songer aux hommes. Elles s'occupent des besoins de l'État et de l'éclat des trônes. Quant à celui qui n'a point de part à la propriété, elles l'oublient, — excepté lorsqu'il s'agit du service militaire. De temps à autre aussi, on organise pour lui une loterie où chacun, moyennant quelques sous, peut tenter la fortune. Il est certain que la classe des propriétaires n'est pas même imposée d'une façon équitable, en proportion de ce qu'on exige des petits, et qu'on laisse les riches accumuler de plus en plus leurs capitaux d'une façon qui remplit le monde de créatures misérables et profondément dégradées. Et quand les conséquences de cette dégradation du peuple deviennent visibles, on rejette la faute sur ceux qui ont été corrompus, et non sur les corrupteurs; et ceux-ci continuent, au profit de leurs intérêts, à développer un état de choses dans lequel la condition morale et matérielle du peuple doit empirer toujours davantage i.
Par sa conception de la moralité, Pestalozzi se rapproche, comme Fichte F avait observé, des conclusions de Kant.
J'ai la faculté, dit-il, de considérer toutes les choses de ce monde, abstraction faite de mes besoins animaux et de mes rapports sociaux, au seul point de vue de ce qui peut contribuer à mon ennoblissement intérieur, et de ne les rechercher ou de ne les rejeter que par cette unique considération. Cette faculté existe en moi d'une manière indépendante, elle n'est en aucune façon une conséquence de quelque autre des facultés de ma nature.
Elle est, parce que je suis, et je suis, parce qu'elle est.
Elle naît de ce sentiment qui est inhérent à mon être :