Pp
Je me perfectionne moi-même, quand je fais de ce que je dois la loi de ce que je veux.
Gomme animal et comme être social, cette faculté m'est étrangère. L'homme n'a pas plus besoin de moralité comme être social, qu'il n'est susceptible de moralité en tant qu'animal. Nous pouvons vivre en société sans moralité; nous faire du bien les uns aux autres, respecter nos droits réciproques, sans aucune moralité.
La moralité est tout individuelle, elle n'existe pas d'an homme à un autre.
Nul ne peut sentir pour moi que j'existe. Nul ne peut sentir pour moi que je suis moral 1.
Et ailleurs :
C'est la volonté qui rend l'homme clairvoyant, et c'est la volonté qui le rend aveugle. C'est la volonté qui le fait libre, c'est la volonté qui le fait esclave. C'est la volonté qui l'ait de lui un juste ou un scélérat 2.
Il y a là une conception de la personnalité morale, du moi intime trouvant dans son propre vouloir la loi supérieure de sa nature, qui était faite pour plaire à Fichte, au philosophe qui chercha dans le moi humain la base de sa métaphysique et le centre du monde moral.
La façon dont Pestalozzi envisage la religion est particulièrement intéressante à noter. Il est resté, sur ce point, tout pénétré des vues de l'Illuminisme. La vraie religion, dit-il, n'est pas autre chose que la moralité. Mais il y a aussi une « religion animale » et une « religion sociale 3 ». L'homme se fait un Dieu, afin de le craindre, afin de trouver dans cette croyance la force nécessaire pour résister à ses instincts égoïstes 4; il se