‹ PestalozziChapitre 74 sur 201 · Morf, I, p · texte numérisé non relu

Morf, I, p

3. On trouve dans l'ouvrage de M. Morf, t. I, pp. 230-235, un récit circonstancié de cet épisode; les détails en sont tirés particulièrement des lettres inédites de Steinmuller à Fischer, conservées aux archives fédérales à Berne.

4. Selon M. Morf, Fischer serait mort au commencement de juin. Cette indication est erronée. La date de la mort de Fischer est le 4 mai 1800. — Les rapports entre Fischer et Pestalozzi paraissent avoir toujours été. assez froids. Ce dernier écrit à sa

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Krùsi restait seul avec ses enfants appenzellois, sans direction. Pestalozzi, qui avait appris à le connaître et à l'estimer, lui proposa alors de réunir leurs deux écoles en une seule, et Krusi accepta cette association avec empressement.

Ce fut une bonne fortune pour Pestalozzi que d'avoir rencontré Krùsi J, car il lui fallait absolument un collaborateur pouvant suppléer à sa propre insuffisance pratique. Aussi longtemps qu'il s'était agi seulement d'enseigner l'alphabet à des enfants de cinq à huit ans dans la petite école de Mllc Stahli, il avait pu obtenir des succès; mais maintenant qu'il avait dû prendre la direction d'une classe nombreuse d'élèves plus âgés, il sentait bien que la tâche dépassait ses forces.

Nous possédons un document précieux qui nous montre Pestalozzi dans ses fonctions de maître d'école, et qui se rapporte à ce moment-là : c'est une page de l'autobiographie écrite, trente-huit ans plus" tard, par Ramsauer, l'un des enfants appenzellois envoyés à Burgdorf au commencement de 1800. Ramsauer, qui avait alors dix ans, entra comme élève dans l'école de Pestalozzi après l'association de celui-ci avec Krùsi ; et voici comment il a retracé ses souvenirs d'écolier :

Dans cette école, tout l'enseignement devait, selon les idées de Pestalozzi, se concentrer sur ces trois points : le

femme, en mai 1800 : « La mort de Fischer n'a pas été un malheur pour ma position; il ne m'était venu en aide d'aucune façon; tout au contraire, il avait en tête un projet particulier, qui était sous plusieurs rapports un obstacle à la réalisation du mien ». (Lettre publiée par les Pesialozzi-BUitter, 1880, p. 24.) 1. Hermann Krusi; né à Gais (Appenzell Rhodes-Extérieures) en 1775, savait à peine lire et écrire lorsqu'à dix-huit ans il fut nommé instituteur de son village. Aidé par le pasteur, il compléta son instruction de son mieux. 11 y avait six ans qu'il était en fonctions, lorsqu'il fut choisi pour accompagner à Burgdorf les enfants appenzellois qu'on y envoyait .

langage, le nombre et la forme. Il n'existait aucun programme proprement dit, ni aucun tableau de l'emploi du temps; Pestalozzi n'avait pas d'heures déterminées pour chaque objet d'études et, le plus souvent, il continuait la même leçon pendant deux ou trois heures de suite. Nous étions une soixantaine d'élèves, garçons et filles, de huit à quinze ans; la classe durait de 8 à 11 heures le matin et de 2 à 4 heures l'après-midi. L'enseignement comprenait exclusivement le dessin, le calcul et les exercices de langage. On ne nous faisait ni lire ni écrire; aussi les écoliers n'avaientils ni cahiers ni livres; on ne nous faisait non plus apprendre par cœur aucun texte, soit religieux, soit profane. Nous avions des ardoises et de la craie rouge : et pendant que Pestalozzi nous faisait répéter des phrases d'histoire naturelle, comme exercices de langage, nous dessinions ce que nous voulions, sans qu'on nous donnât aucune direction. Mais nous ne savions que dessiner : les uns faisaient des bonshommes, les autres des maisons, les autres des lignes et des arabesques selon leur fantaisie. Pestalozzi ne regardait jamais ce que nous avions dessiné, ou plutôt barbouillé; mais on voyait à nos vêtements, surtout aux manches et aux coudes, que nous avions usé de la craie. Pour le calcul nous avions, pour chaque groupe de deux élèves, un petit tableau collé sur carton, divisé en carrés dans lesquels étaient des points que nous devions compter, additionner, soustraire, multiplier et diviser. C'est de ces exercices que Krùsi et Buss tirèrent d'abord les tableaux des unités, et plus tard ceux des fractions. Mais comme Pestalozzi se contentait de faire répéter après lui à la file, sans jamais interroger, sans donner de problème à résoudre, ces exercices, qui étaient d'ailleurs excellents, restaient sans grand résultat. Il n'était pas assez patient pour faire récapituler ou pour poser des questions, et son ardeur l'emportait trop pour qu'il songeât à s'occuper de tel ou tel écolier en particulier. Ce qu'il y avait de mieux dans son enseignement, c'étaient les exercices de langage, ceux du moins qui avaient pour objet les tapisseries de la «aile de classe, et qui étaient de véritables exercices d'intuition. Ces tapisseries étaient très vieilles et déchirées, et nous passions quelquefois deux ou trois heures de suite à en examiner les figures et les trous et à dire ce que nous remarquions rela-

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tivement à leur forme, leur nombre, leur position et leur couleur, en exprimant nos observations en phrases de plus en plus développées. Il nous demandait : « Garçons, que voyez-vous? » (Il ne s'adressait jamais aux filles.)

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