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L'ADOFATION DES MAGES (1563) (Collection de M. Georg Roth, Vienne)
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à l'action générale. De petites scènes séparées, des personnages isolés, des Morts secondaires, réparties dans tout le tableau, laissent voir que s’il est plus habilement utilisé, le schéma encyclopédique et synoptique de la composition subsiste néanmoins. La description de l’œuvre que nous avons suffisamment caractérisée dans notre premier chapitre n’a pas à être reprise ici. Qu'il nous suffise de souligner combien le choix du sujet (d’ailleurs tiré encore du proverbe « teghens de doot en is gheen verweeren » ou « gheen schilt» que Goetdhals traduit «contre la mort ne vaut effort », «rien n'est des armes quand la mort assaut ») convient au nouvel état d'esprit de l'artiste et à la puissance d'effet qu'il acquiert, sous la même impulsion, dans le paysage (1).
Au rebours de ses prédécesseurs, qui y étaient venus par la voie détournée des sujets pieux, Bruegel était entré de plain-pied dans les sujets de genre. Ce n'était que plus tard qu'il était passé aux sujets religieux. Dans l'Ædorafion des Mages, la peinture en détrempe de la collection Fétis, l’une des plus anciennes compositions religieuses du maître probablement, l'influence de Jérôme Bosch est encore apparente dans les physionomies comme dans les attitudes des personnages ; l'horizon élevé et l’ensemble synoptique habilement groupé autour de l’action centrale du premier plan n'y avaient servi qu'à mieux assurer le contraste des expressions des nombreuses têtes.
Quelques années plus tard, (en 1562 ou 1563, la date est presque illisible), l'artiste usait d’un sujet religieux, d’ailleurs peu caractérisé, pour animer un paysage : la Bafaille des Israëlites et des Philistins remplit le creux d’une vallée encaissée où, devant un grand paysage alpestre, les longues lances du XVI: siècle s’abaissent les unes contre les autres sur les armées cuirassées qui les portent. De même dans la Z'our de Babel datée de 1563, les figures se perdaient encore dans le paysage et l’immensité de la construction, empruntée quant à l'idée à des précurseurs (2), primait naturellement l'importance de ses bâtisseurs.
(1) En 1565, au moment, à peu près, où Bruegel peignait le Triomphe de la Mort, Martin Heemskerk produisait une composition du même genre. Voy. TAUREL, L'Art Chrétien, p. 108. Vinckeboons reprit encore le sujet quelques dizaines d'années plus tard dans un tableau gravé par Bolswert. D’autre part le catalogue de vente de la collection P. Wouters en 1797, à Bruxelles, mentionne (p. 77) « une Marche de la Mort en deux feuilles de travers, par P. van der Borcht ».
(2) L’anonyme de Morelli citait déjà « une Tour de Nemrod entourée d’une grande diversité de choses et de figures dans un paysage de la main de maître Joachim Patenier ».
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