‹ Peter Brvegel l'ancien, son œuvre et son tempsChapitre 206 sur 273 · A. 21 — LE TRIOMPHE DE LA MORT · texte numérisé non relu

A. 21 — LE TRIOMPHE DE LA MORT

Bois. H. 117. L. 162 cm. :

Madrid. Musée du Prado, N° 7227.

PROVENANCE. — Cité par Carel van Mander, sans indication de propriétaire : « Hy heeft oock gemaect …. een ander daer alle de remedien worden ghebruyckt teghen de doot. » (Trad litt. : Il a fait aussi ….. un autre [tableau] où tous les moyens sont mis en œuvre contre la mort.)

En 1827, ce tableau fut tiré du palais de S. Ildefonse et transféré au Musée de Prado.

SUJET ET COMPOSITION. — Le Triomphe de la Mort, sujet étroite-

: ment apparenté aux danses macabres, est d’ancienne tradition en peinture.

Bornons nous à rappeler la célèbre et mystérieuse peinture murale de

Palerme, où, comme ici, la mort armée de sa faux chevauche au centre du tableau sur son coursier fantastique.

Parmi la série des vastes compositions encyclopédiques de Bruegel, le tableau du Prado occupe sans contredit la place la plus haute. Dans aucune autre, Bruegel n’a atteint pareille unité de conception et de composition, malgré l’innombrable multiplicité des épisodes. Il ne s’est pas borné ici, comme dans les Yeux des Enfants, par exemple, à juxtaposer dans le cadre du tableau tous les genres de mort qu'il a pu imaginer, mais, par les dispositions stratégiques de son armée de squelettes, il a su donner une impression d'ensemble, profondément tragique, de la fatalité de la mort.

En son genre, c’est le chef-d'œuvre de Bruegel.

(Cf. ci-dessus p. 126). >

(x) Nous avons lu la date : 1560. D'autre part le souvenir que nous avons gardé de ce dessin ne nous permet pas d'afäirmer son authenticité sans hésitation.

DATE PROBABLE. — L'unité dramatique de cette œuvre, nous porte à la placer dernière au point de vue chronologique parmi les compositions polymythiques. Elle ne nous paraît cependant pas très éloignée de Dulle Griet, ce qui la ferait dater vers 1565 ou 1566.

Copies. — Vienne, Galerie Liechtenstein (par Peeter II, datée de 1597). — Un second exemplaire à Vienne, chez le comte de Brandis, en 1870, d'après M. H. Hymans. — Un troisième exemplaire, à Gratz, m'est inconnu. — Bruxelles, chez le Baron de Fierlant (quelques variantes, surtout dans les groupes qui forment les angles de l’avant-plan, indiquent le style et la main de David Vinkeboons).

(Voir notre reproduction).

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