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UNE KERMESSE VILLAGEOISE

Peinture à la détrempe.

Chez Willem Facobsz.

Nous avons reproduit ci-dessus (A. 31), à propos de la Noce de la collection Johnson, à Philadelphie, le passage de Carel van Mander qui concerne les deux tableaux, que nous retrouvons plus tard dans l’inventaire du grand marchand anversois Diego Duarte.

Comme d’après cet inventaire, et contrairement à ce que dit l’historien, la Kermesse seule était peinte à la détrempe, il est naturel qu’elle ait disparu. On ne sait s’il en subsiste une copie.

B. 6. — « DAER DE WAERHEYT DOORBREECKT »

« hadde verder ghemaeckt, daer de waerheyt doorbreeckt : dit zoude (nae zyn segghen) ‘t beste zijn, dat van hem gedaen was. » (Trad. litt. : il avait fait de plus : Où la vérité éclate ; c'était, à son dire, la meilleure chose qui eût été faite par lui.)

Nous ne connaissons de ce tableau que le titre énigmatique, qui semble indiquer quelque composition allégorique sur le Triomphe de la Vérité. Nous ne connaissons malheureusement ni copie ni dessin ni gravure qui réponde à ce titre, et la perte est d'autant plus déplorable que, comme on le voit, Bruegel considérait cette composition comme son chef-d'œuvre.

Nous n’en avons même trouvé aucune mention dans les anciens inventaires et catalogues.

Carel van Mander mentionne d’autres œuvres d’une façon indéterminée et globale.

« T’waere qualijck te verhalen wat hij al gemaeckt heeft van tooverijen, Hellen, boerige geschiedenissen, en anders » (Trad. litt. : Il serait difficile de raconter tout ce qu'il a fait de sorcelleries, Enfers, paysanneries, et autres) ; et plus loin: «.….. en meer ontallijcke sinnekens » (et de plus, d'innombrables proverbes).

Sous la rubrique « fooverijen » (sorcelleries) il faut évidemment ranger les compositions de la lutte entre S'Yacques et le Magicien, mais celles-ci ne paraissent pas avoir été exécutées en peinture, elle ont été

dessinées en vue de la gravure (voir ci-dessus : œuvre gravé n° 117 et 118). Il en est autrement de la série des Excisions de pierres de folie, (ou pierres de tête) : la gravure de la Sorcière de Malleghem (1559) a vraisemblablement été exécutée d’après une peinture, et ceci est sûrement le cas pour la gravure de L’Excision de pierres de folie dite « Doyen de Renaix » de 1557. Nous avons mentionné plus haut une composition peinte de 1556 laquelle est en contrepartie de la gravure.

En fait de « Hellen» (Enfers), on peut citer, outre « Dulle Griet» (A 8), la composition gravée de la Descente du Christ aux Limbes (gra. n° 115), et le tableau perdu de la Tentation de S'-Antoine ainsi que la gravure du même sujet (grav. n° 110).

Quant aux « boerige geschiedenissen » (histoires de paysans), elles sont trop nombreuses dans l’œuvre du « Boeren-Breughel » pour que nous songions à les énumérer ici.

Enfin les « Sinnekens » (Proverbes) forment encore un groupe respectable parmi les œuvres originales conservées. Bruegel les peignait de préférence sur des rondelles de bois, faites au tour, comme les Douze Proverbes de la galerie Mayer van den Bergh, à Anvers (A. 1), et beaucoup d’autres dont nous ne connaissons que les copies, les dessins, ou les gravures. Parfois il conservait la forme circulaire même pour peindre un proverbe à la détrempe, sur toile, tel le Misanthrope, de Naples (A. 10). Cependant nous possédons aussi quelques proverbes sur panneaux

rectangulaires, par exemple le Deénicheur d'oiseaux, de Vienne, le Pays de Cocagne, de la collection Kaufmann à Berlin, etc. Enfin il les développait parfois en des compositions importantes, telles que la Dulle Griet.

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