II. INVENTAIRE DES MEUBLES DE LA MAISON DE GRANVELLE. BESANÇON
Le manuscrit original de l’Inventaire est conservé à la Bibliothèque de Besançon. Il a été publié par M. Auguste Castan, une première fois dans les Mémoires d'Archéologie lus à la Sorbonne en 1866, et une seconde fois dans les Mémoires de la Société d'Emulation du Doubs, 4e série, t. II.
Il a été dressé à la mort du dernier mâle de la famille Perrenot de Granvelle : François, comte de Cantecroy, décédé à Prague en 1607. La galerie de l’hôtel de Granvelle à Besançon, comprenait à ce moment environ 270 peintures et 130 sculptures. Les fondements de cette importante collection avaient été posés par le grand-père : Nicolas Perrenot de Granvelle, garde des sceaux de Charles-Quint, mais elle avait surtout été développée par le célèbre cardinal pendant sa longue administration des Pays-Bas. Le cardinal, amateur éclairé, parle de Bruegel dans sa correspondance (1). Comme il n’a quitté les Pays-Bas qu’au 1564, il a probablement été en relations directes avec l’artiste, ce qui donne une autorité spéciale à l'attribution des tableaux qui figurent sous son nom à l'inventaire, — Pourtant il y a lieu d’ajouter que la collection a été augmentée par le neveu du cardinal, le comte de Cantecroy susdit. C’est ainsi que l'inventaire peut mentionner deux œuvres de Jan Brueghel.
Dès le xvre siècle la plus grande partie de la collection fut dispersée pièce par pièce, par les héritiers de la maison de Granvelle. — I1 peut être utile de noter que le neveu de François de Granvelle, François-Thomas d'Oselay, qui hérita du nom de la famille et du titre de Cantecroy, avait épousé une fille bâtarde de l’empereur Rodolphe. Cette alliance et les relations de famille qui en résultèrent, expliquent comment certains tableaux de la collection de Granvelle peuvent se retrouver aujourd’hui au musée impérial de Vienne.