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B. 7. — LA FUITE EN ÉGYPTE

Paysage d'une Nostre-Dame allant en Egypte, du vièux Pierre Breughel; de haulteur d'un pied quattre polces, large d’un pied treize polces et demy (2), avec sa molure dorée. » (N° 36 de l'Inventaire.)

(x) Ce fait nous a été révélé par M. Henri Pirenne, l'historien bien connu, qui se rappelle l'avoir remarqué en parcourant cette correspondance. Malheureusement celle-ci, fort volumineuse, à été publiée sans table des matières, et à notre vif regret, nous n'avons pu retrouver le passage, si intéressant pour nous.

(2) Nous n'avons pu, malgré nos recherches, nous assurer de la valeur exacte du pied et du pouce employés dans cet inventaire. D'après une communication que nous devons à l'obligeance de M. Georges Gazier, conservateur de la Bibliothèque de Besançon, le pied de la Franche-Comté valait à la fin du xvure siècle, 0,359 mètres, et était donc assez sensiblement plus grand que le pied du roi. Il se divisait en 12 pouces. Mais il ressort à l'évidence du texte de l'inventaire que le pied dont il y est question comprenait un nombre de pouces plus grand; probablement 15 pouces. Malheureusement le seul tableau de la galerie de Granvelle que nous ayons pu identifier avec une complète certitude, a été diminué dans sa largeur, de sorte que seule la hauteur peut fournir un élément d'appréciation. De plus il faut tenir compte que les mesures étaient prises, cadre compris. De n’est donc que sous toutes réserves que nous supposerons le pied = 35,9 centimètres, divisé en 15 pouces (donc le pouce — 2,4 centim. environ.)

Ce tableau est, selon toute vraisemblance, le même que posséda ensuite Rubens, et qui est mentionné de la façon suivante dans l’inventaire dressé, après son décès, en 1640 : « #° 19. Un paysage à l'huile, avec la Fuite en Egypte, du Vieux Breugel. »

Plus tard, nous le retrouvons chez le grand marchand de tableaux Diego Duarte, à Anvers, décrit dans son inventaire de 1682 : « Een Lantschapken, de Vluchting van Maria en Foseph uyt Egipten vol werckx, heel curieus. Kost gl. 280. » (Trad. litt. : Un petit paysage, la Fuite de Marie et Joseph hors [sic] d'Egypte, plein d'ouvrage, très curieux, coûte F1. 280.)

Enfin, il nous apparaît encore une dernière fois dans le catalogue d’une vente, malheureusement sans nom, ni lieu, ni date, reproduit par G. Hoet (tome II, p. 343), entre une vente de 1606, et une autre de 1712: «3, Een stuk zynde Maria met Christus en Foseph in een Landschap, en andere Figuren in ’t verschiet, door Breugel den Ouden. — 300.0. »

La combinaison de ces divers éléments, nous permet de nous faire une idée assez exacte de cet intéressant tableau : c'était essentiellement un paysage, d’un format restreint, se rapprochant de celui de la Pie sur le Gibet. Il était étoffé à l’avant-plan d’une Fuite en Egypte, et comprenait un grand nombre de petites figures, à l'arrière-plan (probablement un Massacre des Innocents, comme on en voit souvent dans le fond des tableaux du même sujet.) Enfin la peinture était exécutée à l’huile.

Bruegel avait, au début de sa carrière, traité le sujet en un dessin pour la gravure. (Grav. n° 15 : Fuga deiparæ in Ægyptum, l'un des douze grands paysages édités par H. Cock). Peut-être le tableau de Granvelle datait-il aussi de la première moitié de sa carrière.

C'est malheureusement le seul des tableaux de la collection de Granvelle, pour lequel l'attribution au « Vieux Pierre Breughel » soit sans équivoque. Les suivants sont cités, ou bien simplement comme « Breughel », (ce qui pourrait aussi signifier l’un des fils du maître : le même inventaire mentionne, en effet, deux œuvres de « Hans Breughel ») — ou bien comme « Pierre Breughel », ce qui, en 1607, peut désigner Peeter II. Nous ne les relevons donc ici qu'avec réserves :

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