‹ Peter Brvegel l'ancien, son œuvre et son tempsChapitre 231 sur 273 · VIENNE · texte numérisé non relu

VIENNE

Ce précieux inventaire a été publié par M. Adolf Berger, dans le akrbuch der kunsthistorischen Sammlungen des allerhôchsten Kaïserhauses (x), d’après le manuscrit original qui fait partie des archives de la maison princière de Schwarzenberg.

Léopold-Guillaume était un amateur d'art de premier ordre. Fils de l’empereur Ferdinand II, il avait hérité de quelques-uns des tableaux qui venaient de l’empereur Rodolphe IT ; mais la plus grande partie de sa collection fut formée à Bruxelles, où l’archiduc résida comme gouverneur-général des Pays-Bas, de 1646 à 1656. Il y avait constitué une vaste galerie de tableaux, tant italiens que flamands. Un peintre célèbre, David Teniers, en était le directeur ; celui-ci publia même un recueil gravé d’une partie de la galerie : malheureusement les œuvres des maîtres italiens seulement (2).

En 1651, Léopold-Guillaume fit un testamment, par lequel il instituait comme légataire universel le comte Jean-Adolphe de Schwarzenberg, mais léguait à son frère aîné, l’empereur Ferdinand III, ses trésors artistiques. On voit par ce testament, qu’en dehors de sa galerie de Bruxelles, l’archiduc possédait des œuvres d’art aussi à Vienne.

En 1656, ayant quitté le gouvernement des Pays-Bas, il se retira dans cette capitale, et y fit transporter ses collections, qui trouvèrent place, partie dans la Neue Burg, partie dans la Stallburg. C’est après ce transfert, que fut dressé l’inventaire de 1659.

Déjà, à diverses reprises, M. Gustav Glück a fait ressortir l'extraordinaire valeur de cet inventaire, au point de vue de l'attribution des tableaux du Musée de Vienne, surtout pour ceux du XVIIe siècle. La collection était, pour l’époque, exceptionnellement bien tenue : chaque tableau portait un numéro d'ordre (précédé d’une croix si c'était une œuvre italienne, sans croix pour les flamands et les allemands). Cette numérotation semble remonter à la direction de David Teniers ; il y a donc lieu de croire que, dans la plupart des cas, il en est de même pour la détermination des noms des peintres. C’est assez dire qu'elle émanait d'un homme particulièrement bien placé pour connaître les peintres flamands, ses contemporains.

L'auteur de l'inventaire de 1659 fut lui-même un homme de valeur, à en juger par la remarquable précision de ses descriptions, si concises qu’elles soient. Celles-ci, à la différence de bien des catalogues de notre temps, permettent généralement d'identifier de façon non équivoque, les tableaux cités, et cela d'autant mieux que les mesures sont prises avec soin, et que l’auteur a eu la sage précaution de tracer sur son manuscrit la longueur et les divisions de l’unité de mesure dont il s’est servi.

Naturellement, l'autorité de l’inventaire est moins grande pour la seconde moitié du XVIe siècle, faible pour la première moitié, et nulle pour le XVe, Cependant il y a lieu de faire observer qu’en ce qui concerne les œuvres de Bruegel, son grand-père par alliance, Teniers devait être bon connaisseur, vu

(1) Tome I, 2 pp. LxxIx à CLXXvII, avec table, (2) Theatyum pictoyum, 1660.

surtout la parenté de leurs genres, et l'influence que le maître a incontestablement exercée sur lui. (1)

La plupart des « Bruegel » de la collection figurent du reste actuellement au Musée impérial de Vienne, et, sauf dans un seul cas, la critique moderne en a confirmé l’authenticité. Nous avons cité plus haut, à propos de chacun, l’article de l'inventaire qui le concerne. Ce sont :

La Tour de Babel (Inventaire n° 581) — ci-dessus À. 6,

(Musée de Vienne n° 715) Les Saisons de l'Année (Inventaire nos 582, 583,

584, 585 et 586) : trois de ceux-ci — ci-dessus À. 23, À. 24, À. 26. (Musée de Vienne n°% 711, 713, 709) un quatrième — ci-dessus À. 25,

(Château de Raudnitz) le cinquième manque.

Le Repas de Noces (Inventaire n° 591) — ci-dessus À, 27, (Musée de Vienne n° 717) De plus (sans nom d’auteur dans l'inventaire) : Le Vin de la St-Martin (Inv. n° 568) = ci-dessus A. 32, (Réserve du Musée de Vienne) Enfin, avec attribution erronée au jeune Brôgel : Le Proverbe du Dénicheur (Env. n° 34) — ci-dessus À. 20, {Musée de Vienne n° 718) Par contre, les tableaux suivants ont disparu :

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