SCULPTURE ANTIQUE
Elle compte à l’Hermitage à peu près deux cents numéros, au milieu desquels on remarque une Vénus sans bras, dans la pose de la Vénus de Médicis, offerte à Pierre le Grand par le pape Clément XI ; un Satyre marchant , d’une nature sèche qui ne manque pas d’élégance. — Un vieux Berger , dont la tête décharnée a quelque analogie avec celle de Saint Jérôme du Dominiquin dans la fameuse Confession du Vatican; les jambes du pâtre sont nerveuses et belles. — Un Amour attribué à Praxitèle, et cela parce qu’il ressemble, d’assez loin, au célèbre amour du Capitole. — Un Silène qui a l’air de dire : « Nargue aux philosophes et aux mécontents, tout est pour le mieux au monde puisqu’on y trouve des pampres et du vin.» — Une Agrippine, femme de Germanicus (33 ans ap. J. C.) ; elle est assise. Celte prestance, belle tête, belles draperies, mauvais bras. — Un Enfant tenant un oiseau, trouvé à Pompéi en \ 845; ce n’est pas un morceau propre à enchanter ceux-là
qui aiment le grec, son irréprochable pureté et son incomparable beauté de lignes; mais il y a vraiment plaisir à considérer cette petite frimousse benoîte, et la naïveté grande de l'exécution artistique* on regarde cet enfant et on rit; je ne serais même pas étonné que quelques-uns ou plutôt quelques-unes aient eu l’idée de l’embrasser. — Une Tête casquée d’Ajax, fort réputée et très-belle d’expression. — Un buste de l’empereur Balbin (238 ap. J.G.). — Un Amour en buste; celui-là est encore attribué à Praxitèle. Cette tête est charmante, il est vrai; mais ce n’est pas l’Amour; l’Amour, du moins celui des anciens, n’ajamaiseu de ces airs plaintifs qui touchent à la mélancolie, un sentiment tout moderne ; la draperie est jolie, mais elle paraît bien plutôt appartenir au faire de Germain Pilon ou de quelque sculpteur du siècle dernier qu’à Praxitèle. — Un fragment de vase en marbre blanc, hélas! ce n’est qu’un fragment, représentant, il est vrai, un sujet quelque peu hétérodoxe, Silène et une Ménade; mais ces deux personnages sont si beaux de formes, l’ensemble en est si bien composé, qu’il faut gémir de ne voir pas le vase tout entier et tout entier aussi le bas-relief circulaire qui l’entourait.