‹ Pétersbourg et Moscou, souvenirs du couronnement d'un tsar;Chapitre 5 sur 75 · Chapitre XV. — Ëpître dédicatoire ail public · texte numérisé non relu

Chapitre XV. — Ëpître dédicatoire ail public

Chien de public ! organe discordant des passions ; toi qui élèves au ciel et plonges dans la boue ; qui prônes et calomnies sans savoir pourquoi ; image du tocsin, écho de toi-même; tyran absurde échappé des petites-maisons; extrait des poisons les plus subtils et des aromates les plus suaves ; représentant du diable auprès de l’espèce humaine; furie masquée en charité chrétienne; public que j’ai craint dans ma jeunesse, respecté dans l’âge mûr, et méprisé dans ma vieillesse, c’est à toi que je dédie mes mémoires, gentil public. Enfin, je suis hors de ton atteinte, car je suis mort , et par conséquent sourd et muet ; puisses-tu jouir de ces avantages pour ton repos et celui du genre humain!

Pétersbourg, novembre 1856.

Madame,

Voulez-vous bien aujourd’hui, au lieu de vous parler de vous, ce que je faisais hier, ou de moi, ce que je fais trop souvent, me laisser vous conter un conte du temps passé, conte moscovite, avec quelque saveur gauloise toutefois? N’inférez, d’ailleurs, rien contre ma galanterie de cette histoire, empruntée à la vieille Russie, et qu’on pourrait appeler :

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