‹ Pétersbourg et Moscou, souvenirs du couronnement d'un tsar;Chapitre 63 sur 75 · FORMULAIRE SERVICE · texte numérisé non relu

FORMULAIRE SERVICE

(Qui doit chaque année être remis à V autorité supérieur venir grossir le dossier de tout employé du Tchinn.)

A quelle classe appartient eu ce moment l’employé?

— Ses prénoms, — prénoms de son père, — son nom. — Dans quelle administration est-il? — Son âge, — sa religion. — Distinctions qu’il a déjà obtenues. — Ses appointements.

De

quelle

classe

sort-il?

III à VI

A-t-il une propriété ?

Est-elle à lui ou à ses parents?

A lui ou à sa femme ?

Provientritage ou tion ?

elle d’héd’acquisi-

Où a-t-il été élevé?

A-t-il achevé le cours complet des éludes?

— Quand est-il entré au service? — Avec quelle classe ? — Dans quel service? — N’a-til pas été employé dans quelque service extraordinaire? — N’at-il pas reçu d’autres récompenses que l’avancement? — A-t-il été mis eu jugement ou soumis à une enquête? En ce cas a-t-il été déclaré innocent?

Quand a-t-il été livré aux tribunaux ? Et quand l’affaire a-t-elle pris fin?

VIII et IX

Dates répondant ai A-t-il fait questions du n<> VII. campagne?— at-il combattu?

Années.

Mois el — quand?

jours,

A - t - il été condamné à l’amende? A-t-il été soumis à une enquête ou subi un jugement ? — Quand et pourquoi ? — Quand et comment l’affaire at-elle fini ?

Est-il capable et mérite -t- il avancement? Sinon, pour quelle raison?

Questionpour laquelle la réponse est aussi toute formulée, la voici :

Spassobni i dostoinoi, capable et digne !

A-t-il été en congé ? — Quand et pour combien de temps? — S’est-il présenté à l’expirationdu terme? Sinon, quand est-il revenu? — Y at-il eu raison valable pour motiver son retard?

A-t-il été mis à la retraite ?

Avec récompense ou non? — Quand et jusqu’à quand? si depuis il a repris du service?

Est-t-il garçon ou marié ?

— Avec qui? — A-t-il des enfants? — Leur sexe, leur âge par ans, mois et jours, — où sontils et à quelle confession appartiennent-ils?

On voit quavec ce dossier, on ne peut plus complet, on peut facilemereproduire parfaits et gestes et presque par jour, la biographie des employés lusses; aussi les biographes ne se sont-ils pas fait faute de puiser souvent, ces formulaires précieux et utiles à bien des titres, des renseignements authentiques, nombreux et fidèles sur les grands hommes de guerre *1 d’administration qui ont illustré la Russie.

parce que l’abus qu’on en fait s’appelle l’amour de l’ordre, mais plus terrible en Russie qu’ailleurs.... Cette classe d’employés, hostile dans le fond du cœur à l’ordre de choses qu’ils administrent, se recrute en grande partie parmi les fils de popes. C’est une espèce d’ambitieux vulgaires, de parvenus sans talent, parce qu’ils n’ont pas besoin de mérite pour forcer l’État à s’embarrasser d’eux, gens approchant de tous les rangs et qui n’ont pas de rang, esprits qui participent à la fois de toutes les préventions des hommes populaires, et de

toutes les préventions des esprits aristocratiques, moins l’énergie des uns et la sagesse des autres. Éclairés à demi, libéraux comme des ambitieux, despotes comme des esclaves, ils sont imbus d’idées philosophiques mal coordonnées , et entièrement inapplicables dans leur pays. »

Voyons maintenant qui fait le commerce en Russie, et comment il se fait ; voyons ce que sont les commerçants et quelles lois les régissent.

S'il n'existe pas dans l’empire moscovite de tiersétat proprement dit, de bourgeoisie comparable à notre bourgeoisie, malgré la création de Bourgeois notables , par l’ukase du 23 juin 1845, toutefois existe-t-il une classe assez nombreuse, intermédiaire entre le serf et le noble : c’est la classe des commerçants, qui renferme dans son sein, outre quarante à cinquante mille hommes libres, environ quatre à cinq mille serfs, autorisés par leurs maîtres à faire le commerce, et établis dans les villes. — Cette caste des commerçants a sa constitution particulière, son organisation à part; elle n’est plus divisée en classes, comme le Tchinn, mais en Guildes ou corporations, non pas corporations d’états, corporations de capitaux semblables. Les Guildes sont au nombre de trois. La première se compose des commerçants qui déclarent posséder un capital de cinquante mille roubles; elle paye deux mille cinq cents roubles (1 0,000 fr.) d’impôt par an. La seconde comprend ceux qui déclarent vingt mille roubles de capital, elle paye cinq cents cinquante roubles d’impôt; la troisième, huit mille roubles de capital, deux cents d’impôt. Les serfs autorisés par leurs maîtres à faire le commerce ne sont obligés à aucune déclaration de capital.

Pour être inscrit dans l’une des trois Guildes, il suffit de déclarer le montant de son capital et de prendre l’engagement de payer l’impôt; il faut aussi présenter, avant l’inscription, un certificat de confession et être sujet russe. Toutefois, il y a, à Pétersbourg, quelques dérogations n cette dernière exigence : les fabricants étrangers

vendant leurs produits; mais ceux-là seuls qui fabriquent et vendent peuvent entrer dans la Guilde sans abdiquer leur nationalité.

«Les bourgeois, dit M. Leouzon-Leduc, dans son ouvrage sur la Russie contemporaine , ne peuvent posséder aucune terre à esclaves, privilège exclusivement réservé • à la noblesse, mais seulement des maisons, des bâtiments à l’usage de leur profession, et des jardins. Ils tiennent des assemblées triennales, où ils traitent de leurs intérêts communs et élisent des représentants à la Douma. Pour avoir voix délibérative dans ces assemblées, il faut être âgé de vingt-cinq ans au moins et justifier de cinquante roubles de revenu....

» Les membres des deux premières Guildes sont seuls exempts de châtiment corporel. Ainsi, outre les serfs commerçants, voilà toute une Guilde, et la plus nombreuse, qui est soumise comme les esclaves au fouet et au bâton.

» La première Guilde a le droit d’établir des fabriques, de se livrer à toute espèce de commerce et d’industrie, d’entretenir des navires sur mer et des bateaux sur les rivières; la seconde a également le droit de fonder des fabriques, mais elle ne peut entretenir que de simples bateaux. Un ukase de Catherine II, réglant les privilèges de la bourgeoisie, confère à ces deux classes de marchands, le droit d’aller en carrosse à deux chevaux. Les droits de la dernière Guilde se réduisent à tenir des auberges et des bains, à faire le commerce de détail, à fabriquer des étoffes, et à avoir des petits bateaux pour le transport des marchandises. Le même ukase porte que les membres de cette guilde ne pourront aller en voilure qu’à un seul cheval, tant en hiver qu’en été. »

LE MOUJIK ou PAYSAN.

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