‹ Petit BobChapitre 4 sur 18 · BOB A L'EXPOSITION · texte numérisé non relu

BOB A L'EXPOSITION

Bob. — Costume de velours éco&sais. Col« Rembran béret de velours écossais. Au côté du béret, la s mandre de François i*'; chaussettes écossaises.

L^AsBé. — Ily a de fréquents tiraillements, Tabbé voulant généralement regarder les choses qui ennuient Bob, et réciproquement.

A l'exposition des beaux-arts

APPLIQUÉS A l'industrie

Bob. — M' sieu l'abbé, vous êtes un égoïste I

L'abbé. — - Bob, vous allez être puni.

Bob. — Qu'est ce que ça m' fait, puisque j'iesuîs tout Ttemps? ainsi... ça changera pas grand'chose...

L'abbé. — On croirait, à vous entendre, que vous êtes victime...

Bob. — Oui, q' je Psuis victime..., traailler quatre heures par jour... à mon âge...

L'abbé. — Ce n'est rien du tout.

Bob. — Oui, si Treste du temps j'étais libre... mais j'vous ai, m'sieu l'abbé, l'reste du temps!...

L'abbé. — Eh bien ?

Bob. — J'vous promets qu'j' aimerais mieux travailler deux heures d' plus, et puis pas vous voir après.

L'abbé. — Enfin, où voulez- vous aller ?

Bob. — Pour le moment, m'sieu l'abbé, j'voudrais aller voir les cages où qu'y a des p' tits oiseaux qui chantent.

L'abbé. — « Où qu'y a » I Bob, je vous en prie, parlez au moins convenablement ; je ne vous demande pas de parler élégamment, mais...

Bob. — Manquerait plus qu'ça, qu'vous m'ie demandiez, comment que j'parlerais quand j's'rais grand, donc !

L'abbé. — Je vous défends de raisonner :

répétez : m des cages dans lesquelles il y a de

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petits oiseaux qui chantent. » Si vous ne faitÉ^-s rien de ce que je vous dis, alors ma présence prèî> de vous est totalement inutile.

BoB. — C'est c'que je m'dis tout Ttemps, m^sieu Tabbé. Pourtant, c'est pas que j'vous aime pas, contraire, jVous aime bien..., mais pas quand c'est pas les leçons...

L'abbé. — Quand « ce ne sont pas » les leçons, répétez.

Bob. — « Quand ce ne sont pas lesleçons. »

T nez, les v'ià, les oiseaux! m'sieu Tabbé!

L'abbé. — Bob, vous parlez encore plus mal, on dirait que vous le faites exprès. J'en avertirai madame votre mère, qui est désespérée de votre langage et peut-être plus encore de votre déplorable accent.

BoE. — Lequel trouvez -vous l'plus joli, V rouge ou V bleu, dites, m'sieu l'abbé?

L'abbé. — Ça m'est égal.

Bob. — Pourtant vous d' vez avoir une opinion, m'sieu l'abbé, à votre âge?

L'abbé. — Si vous croyez que cela m'amuse, de regarder ces bagatelles. . .

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Bob, avec intérêt, — Ah! c'est des «bagatelles»? j 'croyais que c'étaient des mécaniques.

L'abbé. — Naturellement ce sont des meraniques.

Bob. — Alors pourquoi qu'vous dites q' c'est des bagatelles?

L'abbé. — Parce que « bagatelle » signifie une chose de peu d'importance, une babiole.

Bob. — Ça doit pourtant pas être facile, m'sieu l'abbé, hein? d'faire ça?

L'abbé. — Rien n'est plus malhonnête que de dire à chaque instant : « Hein ? »

comme vous avez l'habitude de le faire.

Bob. — Pardon m'sieu Tabbé I Oh ! regardez celui-là qui r'mue ses ailes... et l'autre sa queue, et ils chantent 1... Ah! q'c'est rigolo!

L'abbé. — Bob, je vous défends de parler ainsi.

Bob. — Est-ce qu'y mangent, ces oiseauxlà, est-ce qu'y boivent, est-ce qu'y... ?

L*abbé hausse les épaules sans répondre, mais ce

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mouvement est absolument perdu pour Bob. absorbé lans la contemplation des oiseaux.

Bob. — Est-ce qu'y font des p' tits, iri'sieu Tabbé?

L'abbé. — Bob, il est incroyable qu'un enfant de huit ans fasse d'aussi absurdes questions. Comment voulez-vous que des oiseaux empaillés...?

Bob. — Dame! y chantent bien ! {Silence.} Cest-y donc plus difficile d' faire un p' tit que d'chanter?

L'abbé. — Je ne sais pas. C'est assez dire de bêtises comme cela.

Bob. — Mais puisque vous d' vez m'apprendrec'que j'saispas? Puisque vous m'dites toujours d' vous questionner, quand y a quelque chose que j'saisis pas complètement?

L'abbé. — Quand vous me faites des questions sensées et raisonnables, certainement..»

BoB. — Alors, m'sieu l'abbé, expliquezmoi, au moins, c'que c'est q' les questions sensées et raisonnables.

L'abbé. — Avez-vous assez vu?

Bob. — Demandez voir un peu combien qu^ça coûte^ m'sieu Pabbé?

L'abbé. — Pourquoi?

Bob. — Pour savoir.

L'àbbé, s* approchant et parlementant. — Le plus petit est de 120 francs.

Bob. — Eh bien ! j'ai 140 francs q' m'a donnés bonne maman, j'vais Tacheter.

L'abbé. — Je ne vous permettrai pas de faire une dépense comme celle-là sans consulter madame votre mère.

Bob. — Mais puisque c'est pourque j'm'en fasse du plaisir avec, que bonne maman m' les a donnés, les 140 francs I

L'abbé. — N'importe, vous ne les emploierez pas ainsi. [Il veut entraîner Bob qui résiste.) Venez voir fonctionner les machines, là-bas au bout, c'est beaucoup plus instructif pour vous.

Bob. — J'suis pas ici pour m'instruire, j'y suis pour m amuser; et les machines ça m'agace, j'y comprends rien, et ça fait un bruit I

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