LA TÊTE DE MAMAN I
qu'y n'y en a q'des p'tîts bas , et qu'c'est pas suffisant pour s'isoler...
Maman. — Mais...
Bob. — Oui,j'te dis... pas plus tard quei l'jour du dernier dîner d'ici... jTai entendu, là... derrière V piano... qui l'disait à madanie deX..., ainsi j'ai pas eu d'peineàl'deviner...
Maman. — Mais qui disait quoi ?
Bob. — Ben, qu'il allait t'donner un paravent pour ta fête...
Maman. — Comment ?
Bob. — Oui... « c'est un supplice un salon » comme ça », qu'y disait... « y a pas un pau- » vre coin !.,. Ah! jVous promets qu'y aura » au moins un paravent la première fois... »
— « Et comment ça? » qu'a dit madame de X... — « Parbleu, j'vais en envoyer un à ma sœur pour sa fête. » Tu vois bien.
Maman, riant. — Oui, oui, tu as raison.
Bob. — Pourquoi q'tu ris.
Maman. — Ai-je ri ?
Bob. — Mais oui... tiens! des provisions !
ça doit être M. Z... qui t'a envoyé ça ?
Maman. — Oui.
Bob. — J'm'en doutais bien... d's'ananas, des pêches, des poires énormes!... oh 1 pour des belles poires, c'en est vraiment des belles ! des vignes avec des raisins dans des pots.
Faut-y qu'y soye gourmand tout d'même 1...
Et y n'est pas encore venu ?
•Maman. — Mais non...
Bob. -r- Oh ben, y va pas tarder, va I Si tu crois q M. Z... qui n'pense qu'à son estomac, t'a envoyé tout ça pour toi et nous, ben, t'es pas fine I...
Maman. — Mais Bob...
Bob. — Tu vas voir si j'me trompe. Y va débouler ici... et puis y mangera... pas sans qu'tu lui dises, mais tu lui diras :• « ... Goûtez donc ces raisins, prenjez donc cette poire... » et y prendra, et y pèlera ça au bout d'sa fourchette, en louchant sur l'reste, et en r'grettantd'pas pouvoir manger tout...
MiMAN. — Bob, je te défends de parler ainsi des gens auxquels tu dois du respect ; je ne sais pourquoi tu supposes que M. Z..,