‹ Petit carême de MassillonChapitre 21 sur 45 · DE L'INCARNATION. I7X · texte numérisé non relu

DE L'INCARNATION. I7X

vos peuples , votre fidélité envers Dieu, votre zèle pour la religion de vos pères , votre attention à rendre vos sujets heureux , qui feront de votre règne le plus bel endroit de nos histoires, et le modèle de tous les règnes à venir.

Aimez vos peuples, Sire ; et que ces mêmes paroles si souvent portées à vos oreilles trouvent toujours un accès favorable dans votre cœur. Soyez tendre, humain, affable, touché de leurs misères , compatissant à leurs besoins , et vous sevez un grand roi , et la durée de votre règne égalera celle de la monarchie. Dieu vous a établi sur une nation qui aime ses princes , et qui par cela seul mérite d'en être aimée. Dans un royaume où les peuples naissent, pour ainsi dire, bons sujets , il faut que les souverains en naissant naissent de bons maîtres. Vous voyez déjà tous les cœurs voler près de vous : Sire, l'amour ne peut se payer que par l'amour ; et vous 11e seriez pas digne de la tendresse de vos sujets, si vous leur refusiez la vôtre. Il n'y a point d'autre gloire pour les

■ 73 SERMON POUR LE JOUR rois : leur grandeur est toute dans l'amour de leurs peuples; ee sont eux qui perpétuent de siècle en siècle la mémoire des bons princes. Er quelle gloire en effet pour un roi de régner encore aprè^ sa mort sur les cœurs de ses sujets ! d'être sûr que, dans tous les tems à venir, les peuples, ou regretteront de n'avoir pas vécu sous son règne, ou se féliciteront d'avoir un roi qui lui ressemble! Quelle gloire, StRE , de faire dired*1 soi dans toute la suite des Siècles, comme la reine de Saba le disait de Sa* îomon : Heureux ceux qui le virent , et qui vécurent sou^ la douceur de ses lois et de son empire! Heureux l'âge qui montra à la terre un si bon maître!

Heureuses les villes et les campagnes qui virent revivre sous son règnel'ahondance, la paix, la joie, la Justice, l'innocence des âges les plu^ fortunés! Heureuse la nation que le ciel favorisera un jour d'un prince qui lui soif semblable!

Grand Dieu! c'est vous seul qui donnez les bons rois aux peuples; et c'est le plus grand don que vous puissiez faire

de l'incarnation.

à la terre. Vous tenez encore entre vos mains l'enfant auguste que vous desti* nez à la monarc hie. Son âge, son innocence le laissent encore l'ouvrage commencé de vos miséricordes. Il n'es» pas encore sorti de dessous la main qui le forme et qui l'achève. Grand Dieu! I est encore lems, formez le pour le bonheur des peuples à qui vous l'avez réservé; et que cette prière, si souvent ici renouvelée, ne lasse pas votre bonté, puisqu'elle intéresse si fort le salut et la félicité d'une nation que vous avez toujours protégée!

C'est sous les bons roîs que votre culte s'affermit, que la foi triomphe des erreurs, que l'affreuse incrédulité est bannie ou obligée de se cacher, que les nouvelles doctrines sont proscrites, que les esprits rebelles ne trouvent de protection et de sûreté que dans l'obéissance et dans l'unité ; que vos ministres , paisibles dans l'exercice de leurs fonctions , et veillant sans cesse à la conservation du dépôt , voient l'autorité de l'empire

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donner les mains à celle du sacerdoce; et que tous les cœurs, déjà réunis au pied du trône, portent la même union et la même concorde au pied des autels. Ajoutez donc en lui de jour en jour, ô mon Dieu, de ces traits heureux qui promettent de bons rois à leurs peuples; que l'ouvrage de vos miséricordes croisse et se développe tous les jouis en lui avec ses années. Nous ne vous demandons pas qu'il devienne le vainqueur de l'Europe; nous vous demandons qu'il soit le père de son peuple.

C'est la puissance de votre bras qui nous l'a conservé, en frappant autour de son berceau tout le reste de sa famille royale : que ce soit elle qui nous le forme et qui nous le prépare. Il est, comme Moïse, l'enfant sauvé des funérailles de toute sarace; qu'il soit comme lui le sauveur et le libérateur de son peuple ; et que ce premier prodige, qui l'a retiré du sein de la mort, soit pour nous le présage assuré de ceux que vous nous faites espérer sous son empire.

Ainsi soit-il !

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