MORT DE SAINT LOUIS
Une terre intldèlc reçut ses derniers soupirs. Les malheurs de sa première expédition dans la Palestine n'avaient pu ralentir son zèle : déjà cassé : moins par les infirmités d'un âge avancé , par les fatigues de ses voyages et de ses guerres, que par les austérités d'une vie dure et pénitente , il part et marche encore contre les in fidèles , suivi de ses princes et de ses troupes: il aborde en Afrique , persuadé que , s'il peut chasser de ces contrées les ennemie de Jésus-Christ , cette conquête lui facilitera celle des lieux saints, et de celle terre dont la délivrance «avait toujours fait le pieux objet de tous ses désirs. Mais il meurt , comme Moïse , avant d'avoir pu passer le Jourdain: il salue de loin, comme lui, cette terre heureuse promise à sa postérité; et se consolant, à l'exemple de Moïse, dans l'espérance que ses successeurs établiraient enfin ua jour le peuple de Dieu dans son héritage , et en chasseraient les ennemis du Seigneur : Je meurs dans cette terre étrangère , dit-ll
;i ses enfants cl aux principaux chefs de son armée, comme autrefois Moïse sur le point de sa mort. Ecce morior in hac humo. Le Seigneur refuse sans doute à mes infidélités la consolation que j'avais tant souhaitée de délivrer son héritage : mais vous , ou vos successeurs , le délivrerez ; et cette terre promise au peuple de Dieu deviendra enfin la conquête des héritiers jde mon sang et de mon trône. (Panég. de saint Louis.)