‹ Petit carême; sermons et morceaux choisisChapitre 108 sur 116 · ETAT DE LA FRANCE SOUS SAINT LOUIS · texte numérisé non relu

ETAT DE LA FRANCE SOUS SAINT LOUIS

Sous les règnes précédents, et durant les troubles inséparables d'une longue minorité , la France , presque épuisée, avait éprouvé ces temps difficiles où le salut des peuples rend la dureté des charges publiques nécessaire , et où, pour les défendre , il faut presque les accabler. Le saint roi leur rendit , avec la tranquillité, la joie et ra])ondance ; les familles virent renaître ces siècles heureux qu'elles avaient tant regrettés ; les villes reprirent leur premier éclat ; les arts , facilités par les largesses du prince , attirèrent chez nous les richesses des étrangers ; le royaume, déjà si abondant de son propre fonds , se vit encore enrichi de l'abondance de nos voisins. Les Français vivaient heureux ; et, sous un si bon roi, tout ce qu'ils pouvaient souhaiter à leurs enfants , c'était un successeur qui lui fût semblable.

Mais, peu content d'être attentif aux besoins des particuliers , Louis redoubla son attention pour remédier aux misères publiques, et même pour les prévenir. C'est le privilège et en même temps le devoir des grands, de préparer non-seulement à leur siècle, mais aux siècles à venir, des secours publics aux misères publiques : notre saint roi connut cedevoir,eijamais prince ne fitplus d'usage d'un si heureux privilège. Que de maisons saintes dotées ! que de lieux de miséricorde élevés parses libéralités! que d'établissements utiles entrepris par ses soins ! il n'est point de genre de misère à laquelle ce pieux roi n'ait laissé pour tous les âges suivants une ressource publique. Ville heureuse, qui lévites autrefois régner, au milieu de vos murs s'élèvent encore , et subsisteront toujours des édifices sacrés, les fruits immortels de sa charité et de son amour pour son peuple. Mais l'enceinte de cette capitale ne renferma pas tous les soins bienfaisants de sa magnificence et de

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sa piété. Obligé souvent de visiter ses provinces, et de se montrer à ses sujets les plus éloignés , il laissa partout des monuments durables de sa miséricorde et de sa bonté -, et encore aujourd'hui on ne marque ses voyages dans les divers endroits du royaume , que comme autrefois les Juifs mar(jiiaient ceux des patriarches dans la Palestine , c'est-à-dire , par les lieux de religion qu'il éleva à la gloire du Dieu de ses pères.

(Panèg. de saint Louis.) " '

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