MORT DE LOUIS LE GRAND
Rappelleraijc ici ces jours de deuil tant de fois déjà rappelés , où toute la famille royale presque éteinte , où le trône environné de tant d'appuis , demeuré seul en un instant ; où tant de tètes que la couronne attendait , abattues , il ne nous restait de toutes nos espérances que la caducité d'un grand l'oi que nous allions perdre, et l'enfance d'un successeur que nous craignions de ne pouvoir conserver. Louis , inébranlable au niiiieu des débris de sa maison , ne vit dans ces lugubres funérailles (jue l'appareil et le préparatif des siennes : il avait assez vécu pour sa gloire , mais il n'avait pas encore vécu assez pour nous. Cependant ce règne long et glorieux devait avoir le destin des choses humaines ; ses jours, comme les noires, étaient comptés ; le terme fatal arriva; les desseins du ciel sur sa grande âme étaient accomplis ; et la France perdit un roi qui sera toujours encore plus grand dans nos cœurs que dans nos annales.
{Omis. Çiincb. de Madame.)
MARIAGE DELA PRINCESSE CHARLOTTE PALATINE AVEC l'IIlLUTE, DUC d'oRLÉANS , PÈRE DU RÉGENT.
Les mêmes liens qui l'attachèrent au prince son époux l'attachèrent à la France : elle parut avoir épousé la nation. Le sang germanique qui coulait dans ses veines retrouva pour le sang français les penchants et les affections de la même origine ; et, descendue de ces anciens conquérants qui , des bords du Rhin , vinrent fonder dans les Gaules une monarchie qui a vu depuis commencîr
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toutes celles de l'Europe , elle parut , en arrivaut parmi nous , s'ô* tre rendue à sa patrie, plutôt qu'en être sortie. Notre culte était devenu son culte , et notre peuple fut le sien ; nos dieux furent ses dieux ; nos usages , ses usages ; notre gloire ou nos malheurs, ses malheurs ou sa gloire; et, oubliant ses premières destinées, elle n'en connut plus d'autres que celles de la monarchie. Liée jwr le sang, ou par des commerces d'amitié et de bienséance, à la plupart des souverains de l'Europe, elle ne le fut jamais par le cœur (ju'à la nation ; et, au milieu des guerres qui les avaient armés contre nous , ses liaisons avec les cours étrangères se furent jamais que des témoignages éclatants de son amour pour la France. Nos histoires lui en feront honneur ; et, parmi les princesses étrangères que les liens du mariage unirent au sang de nos rois, et qui vécui-ent au milieu de nous, elles lui opposeront des exemples qui l'honoreront encore davantage. {Orais. funèb. de Madame.)