SUR LES ÉGUEILS DE LA PIÉTPÎ DES GRANDS
Fxce rex iuus vcnit ilbi mansuelus.
Voici votre roi qui ^ient à vous plein de douceur.
Mattii., c. 21 , Y. 3.
Sire ,
Partout ailleurs Jésus-Christ semble n'exercer qu'avec une sorte de ménagement les fonctions éclatantes de son ministère. Il se dérobe aux empressements d'un peuple qui veut l'élever sur le trône : il choisit le sommet solitaire d'une montagne écartée , pour manifester sa gloire à trois disciples : les démons eux-mêmes , qui veulent la publier, sont forcés par ses ordres de la cacher et de la taire.
Aujourd'hui il paraît en roi , et comme un roi qui vient prendre possession de son empire. Il souffre des hommages publics; il dispose en maître de l'appareil innocent de son triomphe : Dieite quia Dominus his opus habet'. Il entre dans le temple; et, par des châtiments éclatants , il rend à ce lieu sacré la majesté que l'indécence d'un trafic honteux lui avait ôtée. Ce n'est plus cet homme qui se dérobe aux regards publics ; c'est le fils de David , qui donne des lois , qui exerce une autorité suprême , et qui veut avoir tout Jérusalem pour témoin de son zèle et de sa puissance.
Il est donc ici le modèle de la piété des grands. Les vertus privées ne leur suffisent pas; il leur faut encore les vertus pubhques. Ce serait peu de les avoir jusques ici exhortés à la
' .Mattii., c. 21 , v. 3.